Ils font bouger l'Afrique

BRAZZAVILLE : Ouverture de la 2eme Edition de la Simulation du Sommet de l’Union Africaine

À Brazzaville, 220 Leader africains réécrivent l’avenir du Numérique du continent Au Palais des Congrès de Brazzaville, ce ne sont pas des chefs d’État en exercice qui prennent la parole, mais 220 jeunes Africains bien décidés à peser sur l’avenir du continent. Depuis ce 12 juillet 2026, ils participent à la deuxième édition de la Simulation du Sommet de l’Union africaine, une initiative du Brazzaville International Leadership Youth Forum (BILYF).

Pendant plusieurs jours, ces délégués venus de 50 pays africains endossent les rôles de dirigeants chefs d’État, ministres ou ambassadeurs pour débattre d’un enjeu crucial : « Jeunesse africaine et emploi à l’ère du numérique : défis, opportunités et perspectives ».

Derrière l’exercice, une réalité urgente. L’Afrique est le continent le plus jeune du monde, mais aussi l’un des plus touchés par le chômage des jeunes. Dans le même temps, la transformation numérique redéfinit les métiers, crée de nouvelles opportunités, mais accentue aussi les inégalités d’accès aux compétences et aux technologies.

Former des décideurs, pas des spectateurs

Ici, l’objectif dépasse largement la simulation. Les participants ne se contentent pas de débattre : ils élaborent de véritables propositions de politiques publiques. Transition digitale, entrepreneuriat, formation aux compétences numériques, coopération panafricaine… les pistes explorées visent à répondre concrètement à la crise de l’emploi.

Chaque délégation, composée de quatre membres, doit défendre des positions, négocier et construire des compromis, comme dans les instances réelles de l’Union africaine. Un exercice exigeant qui met à l’épreuve leur capacité à argumenter, convaincre et bâtir des solutions collectives.

Pour le coordonnateur du BILYF, Précieux Massouemé, l’enjeu est clair : préparer une génération capable d’influencer les décisions publiques. « Il ne s’agit plus seulement de former, mais de responsabiliser », résume l’esprit de l’initiative.

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Le profil des participants reflète cette ambition. Sélectionnés pour leur engagement associatif, académique ou entrepreneurial, ces jeunes de 18 à 35 ans incarnent une Afrique en mouvement. Le programme veille également à garantir une représentation équilibrée, notamment en matière de genre.

Mais au-delà des profils, la simulation met en lumière un défi central : comment transformer le potentiel démographique africain en moteur de croissance ? Et surtout, comment éviter que la révolution numérique ne creuse davantage le fossé entre une élite connectée et une majorité en marge ?

Placée sous le patronage du ministre délégué chargé de la jeunesse et de l’éducation civique, Prince Michrist Kaba Mboko, cette rencontre positionne Brazzaville comme un espace de réflexion stratégique pour la jeunesse africaine.

Les idées qui émergent ici pourraient inspirer des politiques publiques à plus grande échelle, dans un contexte où les États africains cherchent des solutions durables face à la pression démographique et aux mutations économiques.

Dans cette dynamique, le BILYF entend aller plus loin. Le Camp de la jeunesse 2026, prévu du 1er au 10 août à Oyo, prendra le relais avec des ateliers d’incubation entrepreneuriale. Objectif : passer des idées aux projets concrets, et de la réflexion à l’action.

Une chose est certaine : la jeunesse africaine ne veut plus attendre qu’on décide pour elle. Elle s’entraîne déjà à gouverner.

Difira N.E

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