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TotalEnergies quitte la scène, les acteurs locaux entrent en jeu

Le désengagement progressif de TotalEnergies du continent africain redessine le paysage énergétique. Ce retrait stratégique ouvre la porte à une prise d’autonomie des entrepreneurs locaux, prêts à relever le défi et à transformer le secteur.

Le 18 février 2025, TotalEnergies a officialisé son retrait du Burkina Faso. Après 70 ans de présence dans ce pays sahélien, le géant pétrolier français a cédé ses actifs, comprenant 170 stations-service, à Coris Investment Group, une entreprise burkinabè dirigée par l’homme d’affaires Idrissa Nassa.

Ce départ marque une étape supplémentaire dans son désengagement progressif du continent africain. En janvier, TotalEnergies avait déjà quitté le Mali, cédant ses actifs à Coly EnergyMali en partenariat avec Benin Petro SA. Le groupe français avait également quitté la Centrafrique, le Niger, le Tchad et même la Côte d’Ivoire, qui ne fait pourtant pas partie des pays sahéliens.

En Côte d’Ivoire, TotalEnergies a cédé sa participation de 27,33 % dans la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) à Sahara Energy, un conglomérat nigérian, pour près de 200 millions d’euros. Ce retrait avait été justifié par une transition vers les énergies renouvelables et une réduction de l’exposition aux raffineries africaines.

Depuis plusieurs années, TotalEnergies revoit son portefeuille d’activités en Afrique, se retirant progressivement de certains marchés. Ce désengagement, selon l’entreprise française, s’inscrit dans une stratégie globale de recentrage sur des activités jugées plus stratégiques et rentables. Il repose sur plusieurs facteurs clés, dont l’optimisation du portefeuille, en réduisant son exposition aux actifs jugés moins rentables, comme les réseaux de stations-service, pour se concentrer sur des segments à forte valeur ajoutée tels que le gaz naturel et les énergies renouvelables. À cela s’ajoute l’environnement politique et économique : l’instabilité supposée dans certains pays africains, combinée à des tensions diplomatiques croissantes entre la France et plusieurs États du Sahel, a également pesé dans la balance, laisse entendre des sources proches de l’entreprise française.

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Des opportunités pour les entrepreneurs africains

Si le départ de TotalEnergies peut être perçu comme une perte pour certains, il ouvre également la voie à de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs africains. La reprise des actifs par des entreprises locales, comme Coris Investment Group au Burkina Faso, illustre une tendance croissante à l’autonomisation économique des acteurs africains. En effet, les entrepreneurs africains ont une occasion unique de redéfinir le paysage énergétique du continent. Ce moment charnière pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle ère pour l’Afrique, où innovation et autonomie économique se conjuguent pour répondre aux besoins énergétiques croissants de ses populations.

Freddy EYOGUE

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