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ONU : Le 27 novembre devient la Journée internationale pour l’élimination du mariage des enfants

En inscrivant le 27 novembre au calendrier international, l’ONU offre une tribune mondiale à la lutte contre le mariage des enfants, une pratique qui touche encore des centaines de millions de filles, particulièrement en Afrique. Derrière cette avancée, un plaidoyer acharné mené par la Sierra Leone et la société civile.

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, ce 4 septembre 2026 à New York, une résolution proclamant le 27 novembre Journée internationale pour l’élimination du mariage des enfants, du mariage précoce et du mariage forcé. Portée par la Sierra Leone et soutenue par plus de 66 coparrains, l’initiative consacre plusieurs années de mobilisation autour d’une pratique qui touche encore, selon l’UNICEF, 650 millions de femmes et de filles à travers le monde, l’Afrique demeurant la région la plus concernée. Une initiative menée par la Sierra Leone et la société civile.

Adoptée par consensus par les 193 États membres, la résolution A/80/L.99 érige le 27 novembre en date annuelle de sensibilisation mondiale. Le texte, présenté par la Sierra Leone, a reçu l’appui de pays africains et non africains, dont le Cabo Verde, le Maroc, la Namibie, le Rwanda, le Soudan, l’Afghanistan, le Costa Rica ou encore l’Inde. Cette avancée doit beaucoup au tandem formé par Fatima Maada Bio, Première Dame de Sierra Leone et présidente de l’Organisation des Premières Dames africaines pour le développement (OAFLAD), et Bhuwan Ribhu, fondateur du réseau Just Rights for Children. C’est lui qui, lors de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme en mars 2026, avait lancé l’appel à la création d’une journée mondiale dédiée, avant que Fatima Maada Bio ne porte politiquement l’initiative devant la communauté internationale.

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La résolution invite désormais gouvernements, agences onusiennes, organisations de la société civile et acteurs locaux à marquer cette journée par des campagnes de sensibilisation, des actions de plaidoyer et des programmes éducatifs.

Une pratique qui touche encore des dizaines de millions de filles

Selon l’UNICEF, 12 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans. Au total, 650 millions de femmes et de filles actuellement en vie ont été mariées alors qu’elles étaient mineures. L’Afrique reste la région la plus exposée : environ 130 millions de femmes et de filles africaines ont été mariées avant leur dix-huitième anniversaire, plaçant le continent en tête des proportions mondiales.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) a chiffré le coût économique de cette pratique : jusqu’à 2 400 milliards de dollars de revenus supplémentaires pourraient être générés d’ici 2040 si les pays africains investissaient davantage dans l’autonomisation des adolescentes. En comblant les inégalités de genre en matière d’éducation, d’emploi et de prise de décision, le continent pourrait aussi gagner 1 000 milliards de dollars de PIB additionnel d’ici 2043.

Pour la CEA, le mariage des enfants constitue l’une des contraintes structurelles les plus sous‑estimées freinant le dividende démographique africain, alors même que l’Union africaine en a fait une priorité de son Agenda 2063.Des causes multiples, aggravées par les crises.

En Sierra Leone, pays à l’origine de la résolution, le gouvernement s’appuie déjà sur un cadre légal renforcé. Fatima Maada Bio rappelle régulièrement que le mariage des enfants n’est ni une culture ni une tradition, mais une violation grave des droits de l’enfant.

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En instituant une journée dédiée, l’ONU entend offrir une plateforme annuelle de plaidoyer aux gouvernements et aux organisations engagées. Pour les pays africains les plus concernés, l’enjeu sera désormais de traduire cette reconnaissance symbolique en politiques concrètes.

Fatoumata Sidibé

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