Diplomatie

RDC-Angola : Lobito, le réveil d’un corridor stratégique‎

Le corridor de Lobito franchit enfin le seuil du concret. Avec la concession de la ligne Dilolo‑Sakania, Kinshasa et Luanda activent un projet censé redessiner la carte logistique du sud de l’Afrique et repositionner le Katanga au cœur des flux régionaux.


‎Le projet était annoncé, discuté, repoussé, puis relancé. Il est désormais acté. Mercredi, à Kinshasa, João Lourenço et Félix Tshisekedi ont signé le contrat de concession de la ligne ferroviaire Dilolo‑Sakania, maillon essentiel du corridor de Lobito. Une infrastructure stratégique destinée à connecter le sud‑est de la RDC au port angolais, désenclaver le Katanga et structurer un nouvel espace économique régional. Montant de l’investissement : 720 milliards FCFA.


‎La concession, d’une durée de 30 ans, couvre la réhabilitation, la modernisation, l’extension et l’exploitation de la ligne reliant Dilolo (Lualaba) à Sakania (Haut‑Katanga). L’État congolais conserve la propriété de l’infrastructure et détiendra au moins 10 % du capital de la société de projet. À terme, l’ensemble reviendra dans le giron public.


Autre point majeur : le financement et les risques liés au trafic seront intégralement assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine ni subvention d’exploitation de la part de Kinshasa.Si le Katanga pense d’abord à ses minerais — cuivre et cobalt en tête — le corridor vise bien plus large. Il doit transporter produits agricoles, intrants industriels, hydrocarbures, conteneurs, biens de consommation et voyageurs.


Pour Félix Tshisekedi, les retombées doivent être tangibles : emplois locaux, formation des jeunes, recours aux entreprises congolaises et transfert de technologies.Le projet ferroviaire s’inscrit dans un ensemble plus vaste, avec des routes transfrontalières, plateformes logistiques, infrastructures énergétiques et harmonisation des procédures ferroviaires et douanières entre les deux pays. L’objectif global, fluidifier les échanges et renforcer l’intégration économique.


Au-delà du rail, Kinshasa et Luanda veulent relancer leur coopération dans les hydrocarbures et accélérer l’interconnexion électrique. Une priorité : sécuriser l’approvisionnement énergétique du Katanga, poumon minier de la RDC. Avec cette signature, les deux capitales posent la première pierre concrète du corridor de Lobito. Reste désormais à transformer le contrat en rails, en gares… et en trains qui circulent.



‎Marcelle NTONGONO

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