Guinée-Bissau : Dépouillement en cours après le référendum constitutionnel

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes dimanche 30 août en Guinée-Bissau, au terme d’un référendum constitutionnel organisé par les autorités de transition. Le scrutin, marqué par une participation jugée timide et boycotté par la principale formation d’opposition, doit décider de l’octroi de pouvoirs élargis au président de la République, quelques mois avant des élections législatives censées acter le retour à un pouvoir civil.
Ouverts à 7 heures et refermés à 17 heures sur l’ensemble du territoire, les bureaux de vote ont accueilli les électeurs bissau-guinéens appelés à répondre par « oui » ou par « non » à une question unique : l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution, adoptée en janvier par le Conseil national de transition. Le texte, dont le contenu exact reste encore peu détaillé publiquement, viserait à instaurer un régime à dominante présidentielle et à renforcer sensiblement les prérogatives du chef de l’État. Le référendum s’est déroulé sous la supervision de la junte arrivée au pouvoir à la faveur du coup d’État du 27 novembre 2025, une configuration qui alimente une partie des critiques adressées au scrutin.
Selon la Commission nationale des élections (CNE), le climat est resté globalement calme, sans incident majeur signalé à l’approche de la clôture du vote, les forces de sécurité étant déployées sur l’ensemble du pays pour assurer la protection des électeurs, du personnel électoral et du matériel de vote. Plusieurs médias régionaux font toutefois état d’une participation en demi-teinte, un phénomène en partie attribué aux tensions politiques ambiantes et à des conditions climatiques peu favorables.
Une opposition qui a appelé au boycott
Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a conduit le pays à l’indépendance du Portugal en 1974, avait appelé ses partisans à boycotter la consultation, dénonçant un climat de restriction des libertés publiques. Un conseiller spécial du Premier ministre, chargé des questions de défense et de sécurité, a de son côté défendu la réforme, estimant qu’elle pourrait contribuer à stabiliser des institutions marquées depuis des décennies par des tensions récurrentes entre la présidence et la primature.
Le référendum intervient à quelques mois seulement des élections législatives générales, fixées au 6 décembre, censées permettre un retour à un régime dirigé par des civils. La Guinée-Bissau, pays lusophone, a connu cinq coups d’État réussis et de nombreuses tentatives de putsch depuis son indépendance. Ce nouveau basculement institutionnel s’inscrit dans une tendance plus large observée ces dernières années sur le continent, plusieurs pays ayant modifié leur loi fondamentale ces dernières années pour étendre la durée des mandats présidentiels ou renforcer les pouvoirs de l’exécutif.
FATOUMATA Naida Sidibé



