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Gabon : Le président Oligui Nguema conteste les estimations de pauvreté de la Banque mondiale

Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a exprimé son désaccord avec les récentes estimations de la Banque mondiale lors d’un entretien accordé au quotidien L’Union le 21 août 2025. Selon l’institution financière internationale, plus de 34 % de la population gabonaise vivrait sous le seuil de pauvreté, en raison d’un chômage élevé et d’une croissance économique encore fragile.


‎Le chef de l’État a qualifié ces données d’« obsolètes », affirmant que la Banque mondiale n’a pas actualisé ses bases de données en tenant compte des évolutions récentes. Sans fournir de statistiques alternatives, le président gabonais a mis en avant plusieurs mesures adoptées durant ses cent premiers jours de mandat. Parmi celles-ci figurent la baisse du prix du gaz domestique et la gratuité de l’éducation, présentées comme des leviers immédiats pour soulager le pouvoir d’achat des ménages.


‎Oligui Nguema a également relativisé la situation gabonaise en rappelant l’existence de la pauvreté « dans les plus grands pays européens ou aux États-Unis ». Il a néanmoins assuré que son gouvernement œuvrait à « vaincre la pauvreté pas à pas, emploi par emploi », dans le cadre d’une approche progressive mais ciblée.


‎Si le discours présidentiel insiste sur une dynamique positive, les organismes internationaux comme la Banque mondiale fondent généralement leurs analyses sur des méthodologies standardisées et des données macroéconomiques. Cette divergence d’interprétation soulève des questions sur l’évaluation de la pauvreté et l’efficacité des politiques publiques en cours.



‎Des observateurs rappellent que la mesure de la pauvreté dépend étroitement des méthodologies employées (seuils, actualisation des données, prise en compte de l’inflation, etc.). Un dialogue technique entre le Gabon et la Banque mondiale pourrait permettre d’harmoniser les diagnostics.


‎Dans le même élan, le chef de l’État a souligné que le Gabon respectait ses engagements internationaux et a plaidé pour une révision de sa notation économique par les institutions internationales, conformément aux réalités du terrain.



‎Roger BIÈRE
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