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Gabon : Stephen Sowa Akendengue Niang, une ascension politique méthodique‎

Il y a des trajectoires qui se lisent comme une démonstration. Celle de Sowa Stephen Darrell Akendengue Niang, 38 ans, en est une. Avocat, député de la Transition, conseiller municipal à Libreville — le tout en moins d’une décennie d’engagement actif —, ce natif de Moanda, dans la province du Haut-Ogooué, fait partie d’une génération d’hommes politiques qui n’attend plus son tour.


‎Le personnage est d’abord une synthèse. Né à l’hôpital Comilog de Moanda, il est issu d’un père Nkomi de Port-Gentil et d’une mère Obamba et Fang du Woleu-Ntem. Trois provinces, trois cultures, une seule identité revendiquée : « Gabonais au pluriel. » Cette géographie intime a forgé très tôt une sensibilité particulière à la question de l’unité nationale, matrice de tout son engagement ultérieur.


‎La scolarité commence à Moanda, au lycée Henri Sylvoz. Le décès de sa mère l’oblige à rejoindre Libreville chez son oncle maternel, où il décroche son baccalauréat série A1 au lycée d’Oloumi. Il choisit ensuite le droit — « pour comprendre et défendre les règles de la société », dit-il — et sort de l’Université Africaine des Sciences avec un Master en droit privé. En 2024, il prête serment et entre au Barreau du Gabon.


La rigueur juridique comme socle d’une ambition politique


‎C’est en 2016 que tout s’accélère. Militant pour l’alternance dans le camp de Jean Ping, il intègre le Rassemblement Héritage et Modernité (RHM) d’Alexandre Barro Chambrier, devenu depuis le RPM. La même année, il s’impose comme l’une des voix les plus audibles de la jeunesse opposante. En 2019, il est élu à la tête du Mouvement des jeunes du parti, poste qu’il occupera jusqu’en 2024. Vice-président du Mouvement des jeunes de la plateforme PG41, porte-parole de la déclaration du Mouvement des jeunes d’Alternance 2023 — les responsabilités s’accumulent, la stature grandit.


‎La Transition de 2023, sous le Général Brice Clotaire Oligui Nguéma, lui ouvre une nouvelle séquence. En octobre, il est nommé député de la Transition. Dans le même élan, il est désigné directeur des campagnes d’Oligui Nguéma dans le 1er arrondissement de Libreville, d’abord pour le référendum constitutionnel, puis pour la Présidentielle de 2025. Plaider le matin, mobiliser et sensibiliser le soir : l’homme jongle avec une aisance qui ne laisse pas indifférent.


‎Il rejoint ensuite l’Union pour la Démocratie et le Bâtisseur (UDB), le parti présidentiel, où il exerce comme commissaire politique dans le 1er arrondissement. Numéro deux de la liste UDB aux élections locales, il est aujourd’hui conseiller municipal à la mairie de Libreville.


Le terrain comme horizon permanent


‎En dehors des institutions, il reste fidèle à un engagement associatif discret mais réel, notamment au sein de Colibri, association présidée par Victorine Tchicot, ancienne directrice de cabinet du président Oligui Nguéma.


‎À 38 ans, Sowa Stephen Darrell n’a pas le profil du politique pressé. Il a celui, plus rare, du stratège patient. Celui qui construit, arc-boute ses convictions sur le droit, et avance sans fracas vers des responsabilités qui, visiblement, ne lui font pas peur.


‎Marcelle NTONGONO

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