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Sénégal : Diomaye Faye acte la rupture et lance son propre parti‎

Ce 3 juillet 2026, devant plus de 300 maires de la coalition « Diomaye président » réunis au Palais de la République, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé la création prochaine de sa propre formation politique. Une annonce qui acte la rupture avec le PASTEF, le parti qui l’a porté au pouvoir en 2024, et qui vise à « fédérer les forces qui le soutiennent autour d’un projet commun ».


‎Pour porter ce projet, le chef de l’État a confié à Aminata Touré, superviseure générale de sa coalition, la mise en place d’un comité de réflexion chargé d’élaborer les textes et les structures de cette nouvelle formation.


‎Cette décision intervient après plusieurs mois de tensions croissantes avec Ousmane Sonko. Les divergences entre les deux hommes se sont accentuées autour de la gouvernance et de choix politiques majeurs, notamment le limogeage de Sonko de la Primature, les désaccords sur la gestion de la dette et la récente réforme constitutionnelle. Cofondateurs du PASTEF en 2014, où Diomaye était secrétaire général avant de devenir président, ils incarnent désormais deux lignes distinctes.


‎Si Bassirou Diomaye Faye demeure officiellement président d’honneur du parti, la coalition « Diomaye président » qui l’a porté à la victoire semble promise à disparaître. Le contexte institutionnel rend la rupture encore plus nette. Le 29 juin, les députés PASTEF, majoritaires à l’Assemblée nationale, ont voté une réforme constitutionnelle instaurant l’incompatibilité entre la fonction de président et la direction d’un parti. Un texte soutenu par le parti mais que le chef de l’État a choisi de soumettre à référendum.


Un signal fort de son indépendance

‎ Au-delà de la dimension personnelle, ce choix répond à une nécessité de gouvernance. Après plus d’un an au pouvoir, le président a besoin d’un outil politique à son image, capable de structurer une majorité fidèle. Réunir 300 maires était aussi un message à sa base territoriale : il entend gouverner avec ses propres troupes, loin des équilibres internes au PASTEF.


‎Reste que ce divorce politique n’est pas sans risque. Pour le PASTEF, la perte de son ancien secrétaire général fragilise son leadership. Pour le président, lancer un nouveau parti tout en contestant une réforme portée par sa majorité est un pari audacieux. Entre volonté d’émancipation et nécessité de rassembler, Bassirou Diomaye Faye entre dans une nouvelle phase de son mandat.


‎Marcelle NTONGONO

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