Éducation

Universités africaines : Une montée en puissance désormais visible

Les universités africaines s’imposent progressivement dans le paysage académique international. Portées par la solidité du système sud-africain, mais dynamisées par la progression du Nigeria et l’affirmation de l’Égypte, elles gagnent en visibilité, en production scientifique et en attractivité. Les classements QS 2027 et World’s Best Universities 2026-2027 de U.S. News confirment cette tendance de fond.


‎Alors que plusieurs gouvernements misent sur l’économie de la connaissance pour retenir et attirer les talents, les classements internationaux deviennent un outil stratégique. Ils orientent les choix des étudiants, des chercheurs et des décideurs politiques. Le constat est net : l’Afrique du Sud et l’Égypte restent les deux locomotives du continent. Selon le classement QS 2027, l’Afrique du Sud place huit universités dans le top 10 africain.


‎L’University of Cape Town (UCT) conserve la première place africaine, malgré un recul au classement mondial où elle passe de la 150e à la 184e position. Fondée en 1829, héritière d’un riche patrimoine et d’un rôle historique dans l’activisme anti-apartheid, UCT demeure un centre majeur de recherche médicale et de sciences sociales.


‎Elle est suivie par l’University of Johannesburg, Stellenbosch University, l’University of Witwatersrand et l’University of Pretoria. L’Égypte place l’American University in Cairo en sixième position et Ain Shams University en septième. Le top 10 est complété par University of KwaZulu-Natal, Rhodes University et UNISA.


‎Le classement QS repose sur cinq piliers qui structurent son évaluation : la recherche et la découverte, qui représente la moitié du score global ; l’employabilité et les résultats, qui comptent pour 20 % ; l’expérience d’apprentissage, évaluée à 10 % ; l’engagement mondial, à hauteur de 15 % ; et enfin la durabilité, qui pèse 5 %.


‎U.S. News utilise une grille proche, centrée sur la performance de recherche et la réputation internationale. Deux méthodologies différentes, une conclusion identique : la science et la visibilité internationale sont devenues les moteurs de la reconnaissance académique.


Le Nigeria, nouvelle force émergente


‎Juste en dehors du top 10, l’Afrique de l’Ouest progresse. L’University of Ibadan et l’University of Lagos se situent dans la tranche mondiale 1001–1200. Elles deviennent les meilleures universités d’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud. Ce signal confirme que la domination sud-africaine pourrait s’atténuer dans les prochaines années.


‎Pour franchir un cap, les universités africaines devront consolider les financements de recherche, élargir leurs coopérations internationales et améliorer l’expérience étudiante. Le continent ne cherche plus seulement à exister dans les classements : il commence à y peser.



‎Marcelle NTONGONO

Lire Aussi:  Madagascar : Investir dans l'avenir, la révolution de la formation professionnelle à Madagascar

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page