Actualité

Afrique du Sud : Un éleveur gagne son bras de fer sur l’exportation des cornes de rhinocéros‎

Alors que le gouvernement voulait verrouiller toute exportation, la justice sud-africaine vient de faire sauter le verrou. La Haute Cour du Cap-Nord a autorisé un éleveur à vendre plus de 500 cornes de rhinocéros blancs sur le marché international. L’État a immédiatement fait appel. Il a été rejeté. La décision fait désormais jurisprudence, dans le pays qui abrite la majorité des derniers rhinocéros de la planète.


‎Il s’appelle Wicus Diedericks. À la tête d’une réserve privée de 13 000 hectares, il affirme n’avoir jamais connu de braconnage. Ses cornes sont prélevées sur des animaux vivants, puis stockées. Son modèle : vendre légalement ce stock pour financer la sécurité, les patrouilles, les clôtures, les vétérinaires. L’État a dit non. La justice a dit oui.

‎Pour les partisans d’un commerce régulé, ce jugement ouvre une brèche. Ils y voient la preuve qu’un modèle économique alternatif est possible : moins de dépendance aux subventions publiques, plus de moyens pour protéger les animaux, et une stratégie assumée pour assécher le marché noir en proposant une offre légale.


‎Mais l’inquiétude est immense. L’Afrique du Sud reste la cible numéro un des réseaux de braconnage, alimentés par une demande asiatique qui ne faiblit pas. Là-bas, les cornes sont perçues comme thérapeutiques et se vendent à prix d’or. C’est précisément pour cette raison que la CITES interdit depuis 1977 toute vente internationale, aux fins de couper l’offre légale pour étouffer la demande.


‎Les ONG environnementales préviennent : rouvrir la vanne, même légèrement, c’est risquer de relancer toute la filière illégale. Jusqu’ici, Pretoria tenait une ligne dure. Ce jugement la fait bouger.Les conservationnistes y voient un signal désastreux envoyé aux réseaux criminels. Les éleveurs, eux, y voient une bouffée d’oxygène pour sauver des réserves privées qui protègent une part essentielle des rhinocéros restants. Une bataille judiciaire vient de s’achever. La vraie bataille, celle du marché, commence maintenant.


‎Marcelle NTONGONO

Lire Aussi:  Francophonie : Une langue en pleine mutation

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page