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Xénophobie en Afrique du Sud : le Ghana rapatrie ses citoyens‎

Le 27 mai dernier, un premier avion se pose à Accra avec près de 300 Ghanéens à son bord. Ils quittent l’Afrique du Sud en urgence, poussés par une vague de violences xénophobes qui s’intensifie depuis plusieurs semaines dans les townships comme dans les grandes villes. Même les immigrés en règle vivent désormais dans la peur.


‎Le gouvernement ghanéen a déclenché un plan de rapatriement structuré. Objectif annoncé : ramener environ 800 ressortissants si la situation sécuritaire continue de se dégrader. Cette première rotation n’est qu’une étape.


‎À l’aéroport d’Accra, l’accueil est officiel. Des membres du gouvernement sont présents pour recevoir les familles, sacs à la main, visages fatigués. Au nom du président John Mahama, le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa annonce deux aides financières pour chaque rapatrié : la première pour couvrir le transport jusqu’au domicile, la seconde — baptisée allocation de réintégration — pour permettre un nouveau départ. Un accompagnement psychologique et un appui à l’emploi sont également prévus.


‎Les versions divergent sur les causes profondes. Pretoria justifie les reconduites par l’irrégularité administrative : selon l’Autorité sud-africaine en charge des frontières, neuf rapatriés sur dix n’avaient plus de titre de séjour valide, dont la plupart depuis plus d’un mois, et certains depuis plus d’un an. Accra répond par une contre-accusation : le Haut-commissaire ghanéen à Pretoria dénonce les retards systématiques dans le traitement des renouvellements de permis. Des dossiers qui s’accumulent, des délais qui s’allongent, et des milliers de Ghanéens qui basculent dans la précarité administrative faute de réponse.


‎Derrière les chiffres et les postures diplomatiques, une réalité s’impose : la crise entre les deux pays illustre une tension plus large qui traverse l’Afrique australe, où les travailleurs migrants d’autres pays africains sont régulièrement pris pour cible. Le pont aérien entre Johannesburg et Accra en est le symptôme le plus visible — et peut-être pas le dernier.


‎Marcelle NTONGONO

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