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Afrique du Sud : Des graines de rooibos pour tester l’agriculture spatiale‎

L’Afrique du Sud va envoyer ses premières graines dans l’espace pour comprendre comment elles résistent à la microgravité et aux radiations.


‎C’est une première pour le pays et pour tout le continent africain. Selon Dawie de Villiers, directeur du South African Rooibos Council, il s’agira des premières graines d’une espèce indigène sud-africaine et des premières graines africaines à quitter l’atmosphère. Le décollage est prévu en octobre. Le retour sur Terre est attendu en décembre ou en janvier.


‎Au-delà du symbole, l’expérience vise du concret. Les scientifiques veulent savoir si ces graines peuvent s’adapter aux conditions spatiales et si une production alimentaire durable est envisageable hors de la Terre. Une fois revenues, les graines seront plantées et comparées à des graines témoins restées au sol. L’étude portera sur la germination, la croissance, la résistance et le rendement.


‎Le volet pédagogique est central. Sept écoles de la région du Cederberg, berceau du rooibos, participeront à l’observation. Avec des exploitations agricoles locales, les élèves collecteront et analyseront les données. Une expérimentation parallèle sera menée au Parklands College au Cap pour fournir des éléments de comparaison supplémentaires.


‎Le projet est porté par le Sarc, en partenariat avec l’entreprise éducative MaxIQ Space et avec l’appui de l’Agence spatiale nationale sud-africaine, la Sansa, créée en 2010. Le lancement officiel a réuni des représentants du gouvernement, du monde universitaire, de l’éducation, de l’agriculture et du secteur spatial émergent.


‎Le choix du rooibos n’est pas anodin. Connu sous le nom de « buisson rouge » en afrikaans, il est protégé depuis 2021 par l’Union européenne : seule la production du Cederberg peut être commercialisée sous cette appellation dans l’UE. L’Afrique du Sud produit environ 22 000 tonnes par an. La moitié est consommée localement, le reste est exporté vers plus de 50 pays, dont le Japon, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.


‎Cette mission s’inscrit dans un mouvement plus large. Les agences spatiales investissent de plus en plus dans la biologie végétale pour préparer les vols habités de longue durée. Des expériences menées à bord de l’ISS ont déjà montré que la laitue pouvait pousser en microgravité. Des études sur les pois et le soja ont aussi permis de mieux comprendre la réaction des plantes aux variations de gravité et aux stress environnementaux.


‎Marcelle NTONGONO

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