Sénégal : L’exploitation de zircon continue à Niafrang malgré l’interdiction

Le dossier traîne depuis plus de 15 ans. À Niafrang, en Casamance, un gisement de zircon est exploité par G-SAND. L’entreprise travaille sur une dune longue de 6 km, à côté d’un cours d’eau et dans une zone classée écosystème marin protégé.
En décembre dernier, la Cour suprême avait pourtant annulé son permis d’exploitation. La raison : pas d’étude d’impact et non-respect des normes environnementales. Sur le papier, l’activité aurait donc dû s’arrêter. Sur le terrain, rien n’a changé. L’extraction est toujours en cours. Les communautés locales ne décolèrent pas. Leur avocat, Me Bora Kanté, accuse l’État d’inaction. Il réclame un décret présidentiel pour classer la zone interdite aux mines.
Il met aussi en avant les accords de Paris. Selon lui, continuer d’exploiter ce site contredit les engagements climatiques du Sénégal. Du côté du secteur minier, on plaide pour le dialogue. Ousmane M’baye, président de la Chambre des mines, estime qu’une décision de justice ne règle pas tout. Il demande que l’État, l’entreprise et les populations se mettent autour d’une table. L’objectif fixé reste de trouver un accord durable qui protège à la fois l’investissement et les riverains.
Le site de Niafrang pèse donc lourd sur le plan économique. Aucune instruction d’arrêt n’a été appliquée jusqu’ici. Les habitants maintiennent la pression. Le gouvernement, lui, n’a pas encore dit comment il compte faire appliquer l’arrêt de la Cour.
Ce minerai sert dans le BTP, la joaillerie et le nucléaire. Le Sénégal en est aujourd’hui 5e producteur mondial.
Marcelle NTONGONO



