FOOTBAL AFRICAIN : MALÉDICTION DES FINS DE MATCHS OU MAL GESTION DE TEMPS ?

Ils y ont cru. Les supporters aussi. Pendant de longues minutes, les représentants africains ont fait vaciller quelques-unes des plus grandes nations du football mondial. Puis, en quelques instants, tout s’est effondré.
A la Coupe du monde 2026, les scénarios se ressemblent de façon troublante. L’Égypte menait l’Argentine de Lionel Messi 2-0 avant de voir son avance disparaître dans les dernières minutes. Le Sénégal dominait la Belgique sur le même score jusqu’à la 85e minute, avant de laisser filer une victoire qui semblait acquise. La République démocratique du Congo, elle, avait pris l’avantage face à l’Angleterre, sans parvenir à conserver ce précieux but d’avance.
Simple coïncidence ou véritable malédiction ? La
question mérite d’être posée.
Comment expliquer que des équipes capables de rivaliser avec les meilleures sélections du monde échouent à préserver leur avantage pendant les 5 ou 10 dernières minutes d’une rencontre ? Est-ce un problème de gestion du temps, de concentration, de préparation mentale, de condition physique ou d’expérience au plus haut niveau ?
Ces scénarios à répétition interrogent. Ils rappellent que le football ne récompense pas seulement le talent, mais aussi la capacité à rester lucide jusqu’au coup de sifflet final. À ce niveau de compétition, la moindre baisse d’intensité ou d’attention se paie immédiatement.
Faut-il parler de malchance ? Beaucoup de supporters africains y voient une fatalité. Pourtant, réduire ces échecs à la seule malchance serait sans doute trop simple. Les grandes nations du football savent souvent
verrouiller un résultat lorsqu’elles mènent au score. Cette culture de la gestion des fins de match reste un défi pour plusieurs sélections africaines.
Le paradoxe est frappant : l’Afrique produit certains des meilleurs joueurs du monde, mais peine encore à transformer ses performances prometteuses en victoires historiques lors des grandes compétitions. Le potentiel est immense, mais il reste un dernier palier à franchir.
Aujourd’hui, tous les regards se tournent vers le Maroc, dernier représentant africain encore en lice. Les Lions de l’Atlas portent désormais les espoirs d’un continent tout entier. Les supporters souhaitent qu’ils échappent au sort qui a frappé les autres sélections africaines et qu’ils poursuivent leur parcours jusqu’aux sommets.
Le football est une passion qui unit des millions d’Africains. Chaque victoire est célébrée comme
celle d’un continent, et chaque élimination laisse un goût d’inachevé. Les récents scénarios invitent à une réflexion profonde sur la préparation des équipes africaines, notamment dans la gestion des moments décisifs.
Le football africain n’est pas condamné. Il possède le talent, la passion et les ressources pour s’imposer parmi les plus grandes nations. Mais pour écrire une nouvelle histoire, il devra apprendre à transformer ses exploits en victoires jusqu’au dernier coup de sifflet. Car les matchs se gagnent en 90 minutes… et parfois dans les 5 dernières minutes et les arrêts de jeu.
Dr. Abbas Abakar Abbas



