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Sommet Corée du Sud–Afrique : l’IA au centre des débats

À Séoul, la coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique a pris un tournant résolument technologique. La 8e Conférence ministérielle de la KOAFEC s’est ouverte ce mercredi et se tiendra jusqu’au 11 septembre, au Grand Walkerhill. Autour de la table, des délégations venues de 45 pays africains avec un objectif commun, celui de bâtir des projets de développement autour de l’intelligence artificielle et des infrastructures numériques.

Initié en 2006, la KOAFEC reste le principal espace de dialogue économique entre Séoul et le continent. Elle est portée par le gouvernement sud-coréen, la Banque d’import-export de Corée (Korea Eximbank) et la Banque africaine de développement (BAD). Pour ses vingt ans, elle affiche clairement son ambition avec un thème sans ambiguïté, mettre l’IA et le numérique au service de la transformation de l’Afrique.
Autour de cette rencontre gravitent des ministres africains, des responsables coréens, des bailleurs, des investisseurs, des chefs d’entreprise, mais aussi de jeunes innovateurs et des fondateurs de start-up.

Le « K-AI Package », la pièce maîtresse du sommet

C’est sans doute l’annonce la plus concrète du sommet. Le « K-AI Package » est un dispositif coréen pensé pour financer, en même temps, des solutions d’IA, des centres de données et les infrastructures énergétiques qui vont avec, le tout adossé au Fonds de coopération pour le développement économique (EDCF).

Le ministre coréen de l’Économie et des Finances, Koo Yun-cheol, a insisté sur le parcours particulier de son pays. « La Corée a acquis une expérience et un savoir-faire au fil de sa transformation, d’une nation sous-développée à un pays avancé », a-t-il rappelé, avant d’ajouter que tout cela ne se résume pas à acheter des ordinateurs ou à construire des data centers. Une façon de présenter Séoul comme un partenaire à part et de se démarquer, sans le nommer frontalement, d’un concurrent comme la Chine.

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À ses côtés, le président de la BAD, Sidi Ould Tah, a évoqué les usages très concrets de ces technologies par les services publics, mais aussi pour l’agriculture et la santé.

Des chiffres qui parlent

Derrière les discours, il y a un bilan. Depuis 2007, le Fonds fiduciaire de la KOAFEC est devenu le plus gros fonds bilatéral encore actif du Groupe de la Banque. Avec à peine 50 millions de dollars dédiés à la préparation des projets, il a servi de levier à un portefeuille d’environ six milliards de dollars et permis de mobiliser près de quatre milliards supplémentaires, de l’énergie au numérique.

Les pays africains comptent bien saisir l’occasion pour accélérer le financement de centres de données régionaux, de réseaux de fibre et de pôles dédiés à l’IA. Et le moment s’y prête car d’après le cabinet Arizton, les investissements dans les data centers du continent pourraient atteindre 8,76 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2031, portés par une meilleure connectivité et l’essor du cloud et de l’IA.

Le sommet doit se conclure par une série d’accords de partenariat, des engagements de cofinancement et de nouvelles initiatives d’investissement, scellés dans une déclaration conjointe et un plan d’action pour 2027-2028.

Difira NKOMO ELLA

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