Nigéria : 47 200 comprimés de captagon interceptés en provenance du Ghana

La NDLEA a annoncé, dimanche, la saisie d’une cargaison de 634 millions de FCFA en provenance du Ghana. Destinée au nord du Nigeria, elle illustre la montée en puissance du trafic de drogues de synthèse dans une région minée par l’insurrection jihadiste et les bandes armées.
Dimanche 30 août, la NDLEA a intercepté 47 200 comprimés de captagon, ainsi que plusieurs millions de doses d’opioïdes dissimulées dans des pains de savon. La drogue avait été introduite depuis le Ghana par Akinbile Kazeem Aikins, arrêté par les agents de l’agence antidrogue. Lors de son audition, il a indiqué que la livraison devait être acheminée vers le nord du Nigeria. Sa valeur marchande est estimée à 1,5 milliard de nairas, soit environ 634 millions de FCFA.
Cette saisie s’inscrit dans une série d’opérations menées par la NDLEA depuis le début de l’année. En juillet, plusieurs tonnes de substances illicites avaient déjà été saisies en l’espace d’une semaine. Les 16 et 17 mai, l’agence avait démantelé le plus grand laboratoire clandestin jamais découvert dans le pays, où 2,4 tonnes de méthamphétamine avaient été retrouvées, pour une valeur estimée à 480 milliards de nairas (environ 197 milliards de FCFA). D’autres saisies de captagon avaient précédé celle-ci : 451 807 comprimés à Lagos en 2021, puis 10 000 autres en avril 2026 dans l’État de Kwara.
Le captagon, amphétamine de synthèse surnommée « drogue du jihad », a connu un essor spectaculaire au Proche-Orient avant de gagner d’autres continents. Selon le porte-parole de la NDLEA, Femi Babafemi, « terroristes et bandits » y recourent pour « mener leurs activités néfastes ». Entre 2011 et 2024, la substance était devenue le principal produit d’exportation de la Syrie, ses bénéfices contribuant au financement du régime de Bachar al-Assad.
Le nord-est du Nigeria est en proie à une insurrection jihadiste depuis 2009, tandis que le nord-ouest et le centre du pays subissent les exactions de bandes armées sans ancrage idéologique, qui pillent, enlèvent contre rançon et taxent les populations locales. En février 2026, une attaque dans l’État de Kwara avait fait au moins 165 morts.
Le trafic de drogue et les rançons après des kidnapping alimentent directement ces groupes armés. Avec cette nouvelle saisie, le Nigeria confirme son statut de pays à la fois de transit et de consommation. Pour la NDLEA, l’enjeu est désormais d’interrompre ces circuits avant qu’ils n’alimentent davantage l’insécurité régionale.
Marcelle NTONGONO



