Santé : Entre RDC et Ouganda, Ebola teste la solidarité de l’Afrique de l’Est

Le lundi 1er juin et ce mardi 2 juin 2026 huit ministres de la Santé sont autour de la table à Kampala. Leur mission, empêcher Ebola de traverser les frontières. L’épicentre est à Ituri, dans l’est de la RDC. Le danger, c’est que le virus gagne l’Ouganda et les autres pays de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Le paradoxe frappe tout de suite. L’EAC se réunit maintenant, alors que l’alerte a été lancée le 15 mai. Plus de deux semaines de retard. Pourtant, l’organisation assure qu’elle n’a pas dormi. Des dispositifs techniques de surveillance seraient déjà en marche depuis le début de
l’épidémie.
À l’ordre du jour : coordonner au lieu de laisser chacun agir seul. Fini les réponses en solo. L’idée est de parler d’une seule voix. Concrètement, ça veut dire quoi ? D’abord, verrouiller les points d’entrée. Frontières terrestres, aéroports, postes de contrôle. L’EAC veut resserrer la maille. Mais l’OMS met en garde. Trop de contrôles officiels, dit Genève, et les gens vont passer par la brousse. Résultat, des cas non déclarés, impossibles à suivre. Une stratégie qui peut se retourner contre l’objectif.
L’Ouganda répond à cette critique. Diana Atwine, secrétaire permanente à la Santé, assure que le pays ne mise pas que sur les postes officiels. Les forces de sécurité quadrillent aussi les sentiers non balisés. Dépistage partout, dit-elle.
Autre chantier, la vitesse de diagnostic. L’EAC prévoit d’envoyer neuf labos mobiles. Direction Ituri, zone zéro du virus. Le but affiché par Diana Atwine est simple : tester vite, isoler vite, couper la chaîne de transmission. Une cellule de crise régionale doit aussi voir le jour. Ce jour, les ministres examineront les propositions des experts. Puis ils trancheront sur la suite. Officiellement pas une réunion EAC, mais le travail a commencé, affirme Diana Atwine. Sauf qu’intervenir en RDC demande l’accord de Kinshasa. Et ça, ça prend du temps. “Beaucoup de travail a déjà été accompli”, insiste-t-elle.
Entre urgence sanitaire et lenteur diplomatique, l’Afrique de l’Est joue contre la montre. Ebola n’attend pas.
Marcelle NTONGONO



