Politique

Sénégal : Entre cadres de l’État, ralliements de poids et absence de Sonko, décryptage du nouveau gouvernement de Diomaye Faye

Quelques heures seulement après le fracassant refus du parti PASTEF-Les Patriotes de participer au nouvel exécutif, le secrétaire général de la présidence de la République, Omar Bâ, a procédé ce lundi soir à la lecture officielle du décret n° 2026-1130. Ce texte fixe la composition de la nouvelle équipe gouvernementale sous la houlette du Premier ministre fraîchement nommé, Ahmadou Alamine Mohamed Lo.
​Composée de 26 ministres de plein exercice et de 4 ministres délégués, cette équipe reflète une volonté affichée de concilier expertise technique, continuités stratégiques et ouvertures politiques, le tout dans un climat institutionnel lourdement marqué par le retrait d’Ousmane Sonko.
​Le pôle régalien : Sécurité et Économie sous haute surveillance
​Dans un contexte de redéfinition des priorités nationales, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a misé sur des profils de premier plan pour verrouiller les ministères de souveraineté :
​Aux Forces armées, l’arrivée de M. Yankoba Diémé marque la volonté de stabiliser l’appareil sécuritaire national.
​À l’Intérieur et à la Sécurité publique, la nomination de Mohamedou Makhtar Cissé, haut fonctionnaire chevronné et ancien ministre, confirme le choix de l’expérience pour garantir la stabilité de l’État.
​À l’Économie, aux Finances et du Plan, le maintien de Cheikh Diba au cœur de l’appareil financier rassure les bailleurs et partenaires internationaux, épaulé par Bassirou Sarr (Budget) et Alenard Diop (Économie, Plan et Coopération).
​Souveraineté et grands chantiers sectoriels
​Le nouveau gouvernement fait la part belle aux secteurs clés de la transition économique promise par la présidence. Des figures fortes émergent sur les dossiers de la souveraineté économique et des ressources naturelles :
​Énergie et Pétrole : El Hadji Abdourahmane Diouf prend la tête de ce secteur hautement stratégique à l’heure où le Sénégal consolide son statut de producteur d’hydrocarbures.
​Industrie, Commerce, Hydraulique : Des personnalités comme Serigne Guèye Diop (Industrie et Commerce) et Cheikh Tidiane Dièye (Hydraulique et Assainissement) héritent de portefeuilles cruciaux pour le quotidien des Sénégalais.
​Éducation nationale : Moustapha Mamba Guirassy se voit confier la lourde tâche de piloter la réforme du système éducatif.
​Le grand jeu des alliances : la surprise Idrissa Seck
​C’est l’un des choix politiques les plus commentés de ce décret : la nomination de l’ancien Premier ministre et leader du parti Rewmi, Idrissa Seck, au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Ce retour au premier plan d’un vieux briscard de la politique sénégalaise démontre la volonté de la présidence de s’ouvrir au-delà de son camp d’origine et de bâtir de larges alliances de gestion, compensant ainsi l’absence notable des cadres du PASTEF.
​L’ombre portée du divorce avec le PASTEF
​L’absence la plus criante reste celle des figures de proue du parti d’Ousmane Sonko, qui a officialisé la rupture le matin même à la suite de désaccords majeurs sur l’architecture du pouvoir. Si le camp présidentiel tente d’afficher une image de sérénité et d’efficacité managériale, ce premier Conseil des ministres, prévu le vendredi 5 juin 2026, se tiendra sous le signe d’une cohabitation de fait avec une majorité parlementaire dont l’attitude reste la grande inconnue de cette nouvelle ère politique.

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Amadou T Dia

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