Culture

RDC 13e édition du Fickin : La fabrique à étoiles du cinéma se poursuit

À Kinshasa, le Festival International de Cinéma de Kinshasa, fondé par Tshoper Kabambi, s’est imposé comme bien plus qu’un rendez-vous de projection. Organisé autour de l’Institut Français de Kinshasa et de l’Académie des Beaux-Arts du 8 au 12 juillet, le FICKIN est devenu un espace où le cinéma se regarde, se discute et surtout se construit. Son ambition : faire émerger une nouvelle génération de cinéastes, d’acteurs et de techniciens capables de porter le septième art congolais vers une véritable structuration professionnelle.

Depuis plus d’une décennie, le festival s’inscrit dans une logique de transmission. Ateliers de scénario, de jeu d’acteur, de production, masterclass et rencontres professionnelles en font une sorte de laboratoire du cinéma congolais. Avec Fickin Industrie et Fickin Film Studios, l’événement ne se contente pas de montrer des films. Il accompagne aussi des projets, forme des talents et tente de créer des passerelles vers l’industrie.

Le FICKIN a compris qu’un cinéma national ne se développe pas seulement avec des films, mais avec des parcours. Dans une ville comme Kinshasa, où l’énergie créative est immense mais les structures encore fragiles, le festival joue un rôle de repérage, formation et d’accompagnement. C’est là que l’expression de « pépinière de talents » prend tout son sens.

Le festival met en avant des jeunes créateurs qui cherchent à raconter la RDC depuis l’intérieur, avec leurs propres codes, leurs propres urgences et leur propre regard. Cette nouvelle vague kinoise s’intéresse au quotidien urbain, aux tensions sociales, aux trajectoires de jeunesse et aux fictions engagées. Elle veut un cinéma vivant, ancré, capable de parler au public congolais avant tout.

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L’un des grands intérêts du FICKIN est de relier la formation à la pratique. Les ateliers et masterclass permettent aux jeunes talents de rencontrer des professionnels, d’apprendre les bases du métier et de confronter leurs idées à l’exigence de la production réelle. À l’Académie des Beaux-Arts comme à l’Institut Français, cette transmission donne au festival une vraie valeur pédagogique.

Les prix décernés dans la catégorie Espoir, les distinctions attribuées aux courts-métrages nationaux et les brevets remis aux participants des ateliers ne sont pas de simples symboles. Ils ouvrent des perspectives concrètes. Avec le programme Génération Action, les lauréats peuvent prolonger l’élan du festival, chercher des financements, structurer leurs projets et imaginer des coproductions régionales.

Un avenir en construction

Le FICKIN raconte finalement une promesse simple : le cinéma congolais ne manque ni de talent ni d’envie, il lui faut encore des structures pour durer. En donnant à la jeunesse kinoise un espace d’apprentissage, de visibilité et d’accompagnement, le festival participe à la naissance d’un écosystème plus solide.

À Kinshasa, le cinéma ne se contente plus d’exister. Grâce au FICKIN, il apprend à se construire, et ce depuis 13 édition.

Difira NKOMO ELLA

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