Guinée : Simandou ambitionne d’entrer dans le top mondial du fer

Grâce à un minerai parmi les plus riches au monde, la Guinée vise 120 millions de tonnes annuelles. Un projet qui peut faire entrer Conakry dans le top mondial et changer la donne du marché du fer.
Dans les montagnes du sud-est de la Guinée, le méga projet minier de Simandou s’apprête à transformer le pays en acteur incontournable du minerai de fer. L’objectif affiché est d’atteindre une capacité de 120 millions de tonnes par an. Un chiffre qui ferait passer Conakry dans une autre dimension. Aujourd’hui, le marché est verrouillé par quelques géants. L’Australie produit près de 980 millions de tonnes, le Brésil autour de 420 millions, suivis par l’Inde et la Chine.
Avec Simandou à plein régime, la Guinée n’irait pas les dépasser demain, mais elle s’inviterait sans détour dans la cour des grands et viendrait rebattre les cartes d’un secteur dominé depuis des décennies par deux pays. L’argument décisif de Conakry c’est la qualité. Le minerai de Simandou affiche une teneur en fer d’environ 65% et c’est du premium. Dans un monde où les aciéristes cherchent à réduire leurs émissions, un minerai aussi riche est une denrée rare et très recherchée.
La montée en puissance sera progressive mais rapide. Les premières expéditions sont déjà lancées. SimFer a expédié 2,2 millions de tonnes au premier semestre 2026. Pour la fin d’année, l’objectif est de monter à 15 à 20 millions de tonnes. En 2027, la production devrait doubler pour frôler les 40 millions. Et de palier en palier, le projet grimpera vers sa pleine capacité de 120 millions de tonnes annuelles.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est stratégique pour la Guinée. Après des années de retards et de renégociations, Simandou devient enfin concret. Si le projet tient ses promesses, le projet peut générer des recettes massives, créer des milliers d’emplois et financer les infrastructures du pays. Reste à tenir les délais, sécuriser la logistique ferroviaire et portuaire, et convaincre les marchés que la Guinée est un fournisseur fiable à long terme.
Si c’est le cas, l’équation mondiale du fer va changer. L’Australie et le Brésil conserveront leur avance, mais ils n’auront plus le monopole du minerai de haute qualité.
Marcelle NTONGONO



