Guinée : 2 000 taxis neufs pour améliorer le transport urbain

Conakry veut rompre avec son chaos routier en déployant 2 000 taxis neufs financés via le projet minier de Simandou. Une opération vitrine, mais dont la réussite dépendra de la capacité des chauffeurs à rembourser leurs véhicules.
La capitale guinéenne vivait jusqu’ici une crise de mobilité avec des embouteillages interminables, des taxis-brousse hors d’âge, et des motos-taxis omniprésentes. Elle subissait ainsi l’effet combiné d’une croissance urbaine rapide et d’un parc automobile vétuste, incapable d’absorber la demande. Pour tenter de reprendre la main, le gouvernement vient de lancer un programme d’acquisition de 2 000 taxis neufs, présenté comme l’une des premières traductions visibles du projet Simandou 2040.
Officiellement lancé le 25 juillet par le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, le dispositif se veut pragmatique : moderniser le parc, améliorer le service et structurer un secteur longtemps dominé par l’informel. Un premier lot de 300 véhicules circule déjà, réparti entre les communes de la capitale. Les autres arriveront par vagues successives, via un partenariat avec la société DSD. L’objectif : offrir une alternative crédible aux taxis collectifs vieillissants et aux motos-taxis, dont la prolifération a profondément modifié les usages urbains.
Le montage financier se veut inclusif. Avec un apport initial d’environ 18 millions de francs guinéens, les bénéficiaires peuvent accéder à un véhicule neuf, remboursable sur 24 à 36 mois. Les tarifs oscillent entre 140 et 200 millions de francs guinéens selon les modèles, notamment les versions sept places destinées au transport interurbain. Groupements d’intérêt économique, particuliers ou sociétés de VTC : le programme ouvre la porte à plusieurs profils, avec une priorité affichée pour l’insertion des jeunes, souvent cantonnés à l’informel faute de capital de départ.Ce plan s’inscrit dans le troisième pilier de Simandou 2040, qui vise à transformer la future rente minière en bénéfices sociaux tangibles.
Après les taxis, le gouvernement promet l’arrivée de bus urbains et interurbains : 50 unités déjà disponibles, 50 autres attendues en 2026. A terme, les autorités évoquent l’importation de 2 500 taxis au total. La réussite de l’initiative dépendra cependant de la capacité des bénéficiaires à rembourser. Sur le continent, certains programmes similaires ont échoué faute de capacité des chauffeurs à honorer des mensualités régulières, mais d’autres, comme Taxi-Gab au Gabon, portent des fruits et incitent à la confiance.
Christian MANIRAGABA



