Gabon : le pays parie sur le QR Code pour bancariser ses marchés

Le 3 juillet dernier, le ministre de l’Économie numérique, Marck Alexandre Ndoumba, et le maire de Libreville, Eugène Mba, ont scellé un partenariat destiné à accélérer l’adoption de « Madigipaie », la nouvelle plateforme de paiement par QR Code. Objectif : faire entrer les transactions du quotidien dans l’ère numérique, en commençant par les marchés de la capitale.
Vendredi dernier, l’hôtel de ville a servi de cadre à cette rencontre. Au centre des discussions : l’avenir de Madigipaie. Portée par la BEAC et le système Gimacpay, la plateforme repose sur un QR Code unique et universel. Transferts d’argent, achats, frais administratifs : tout peut être réglé via téléphone, sans dépendre d’un opérateur ou d’une banque spécifique.Mais pour réussir, il faut des utilisateurs. Le ministère vise 60 % des transactions urbaines de proximité.
Pour y parvenir, il faut convaincre les vendeuses de poisson, les boutiquiers, les coiffeurs : l’économie réelle. C’est là que la mairie devient indispensable. Le ministre a sollicité son réseau et sa légitimité pour mener des campagnes de sensibilisation, identifier les commerçants et mobiliser les acteurs locaux. « La proximité de la collectivité est un atout majeur. Elle est la clé pour que les opérateurs s’approprient vraiment la plateforme », a expliqué Marck Alexandre Ndoumba.
Eugène Mba a accueilli favorablement l’initiative, tout en rappelant que Libreville dispose déjà de son propre système numérique, développé avec le Trésor public pour digitaliser le recouvrement des recettes municipales. « Notre dispositif reste distinct et pleinement opérationnel. Madigipaie, elle, vise les paiements entre commerçants et clients », a précisé le maire.
Deux outils, deux usages : l’un pour les finances publiques, l’autre pour les transactions quotidiennes. Les deux responsables ont convenu de travailler ensemble sur les modalités de formation, de déploiement et d’accompagnement dans toute la commune.
Si l’expérimentation à Libreville est concluante, le modèle sera étendu à d’autres villes du pays.
Marcelle NTONGONO



