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Sénégal : Depuis New York, Dakar réaffirme ses ambitions pour les femmes au sein de l’armée

Devant l’ONU, le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, a plaidé pour une présence accrue des femmes dans les opérations internationales. Un objectif stratégique qui se heurte encore aux réalités du terrain.
​Par la rédaction
Publié le 27 octobre 2026
​Acteur clé des missions de maintien de la paix des Nations unies depuis son premier engagement au Congo en 1960, le Sénégal entend bien conserver son rang d’élève modèle sur la scène internationale. Mais cette légitimité diplomatique passe désormais par un défi majeur : la mixité de ses troupes.
​Intervenant ce lundi 26 octobre au siège des Nations unies à New York, à l’invitation de la ministre de la Défense espagnole Margarita Robles et de la directrice exécutive d’ONU Femmes Sima Bahous, le ministre sénégalais des Forces armées, Yankoba Diémé, a tenu à rappeler l’engagement ferme de Dakar en faveur de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité ». Pour le gouvernement sénégalais, la présence des femmes en zone de conflit n’est plus seulement une question de représentation, mais une exigence d’efficacité opérationnelle sur le terrain, de la prévention des crises à la protection des populations civiles.
​Une volonté politique et des actes symboliques
​Sur le plan interne, le Sénégal n’a pas attendu pour poser les jalons institutionnels de cette transformation. Dès 2011, le pays adoptait son premier Plan d’action national, mis à jour en 2020, avant de décliner une stratégie sectorielle genre spécifique aux armées. Symbole marquant de cette évolution : la nomination, en avril 2023, de la toute première femme générale au sein du commandement militaire sénégalais.
​Sur le terrain logistique et humain, le soutien de mécanismes internationaux comme le Fonds ELSIE (opérationnel au Sénégal depuis juillet 2021) a permis de cibler les obstacles structurels au déploiement des femmes, de moderniser les infrastructures adaptées et d’élargir le vivier de recrutement.
​Le retard des chiffres face aux ambitions
​Reste un constat lucide : la réalité peine encore à rejoindre les discours diplomatiques. Selon les données dévoilées par le ministre à la tribune de l’ONU, les femmes ne représentent aujourd’hui que 7,33 % des contingents militaires sénégalais déployés, très loin de l’objectif de 13 % fixé pour 2026.
​Un retard que Dakar entend combler en intensifiant l’accès des femmes aux fonctions opérationnelles, en particulier au sein des unités d’infanterie, traditionnellement fermées à la mixité. Au-delà des recrutements, M. Diémé a également insisté sur la tolérance zéro face aux atteintes et exploitations sexuelles en mission, demandant une mobilisation accrue des ressources financières pour concrétiser ces engagements sur les quatre piliers majeurs de la résolution 1325 : prévention, participation, protection et relèvement.
​En réaffirmant sa doctrine à New York, le Sénégal rappelle une priorité : dans un contexte global d’instabilité, la recherche d’une paix durable reste indissociable d’une réelle égalité des chances sous le drapeau de l’ONU.

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Amadou Tidjane Dia

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