Football gabonais : la Task-Force ouvre cinq jours de réflexion pour une réforme en profondeur

Libreville, le 22 octobre 2026 – La Task-Force pour le renouveau du football gabonais a officiellement ouvert ses travaux ce jeudi. Jusqu’au 26 octobre, experts, dirigeants sportifs, représentants de clubs et responsables publics devront formuler des propositions concrètes pour améliorer la gouvernance, le financement et l’organisation du football national.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la remise des actes administratifs aux associations membres du collège électoral de la Fédération gabonaise de football. Au total, 27 structures, parmi lesquelles les ligues provinciales, les clubs et les associations spécialisées, ont reçu leurs récépissés définitifs et leurs agréments techniques.
Cette régularisation doit permettre aux organisations sportives d’exercer dans un cadre légal, mais également de mieux accéder aux financements publics et privés.
« En dotant les clubs de documents administratifs réguliers, nous levons un obstacle important à l’accès au financement privé », a expliqué le ministre chargé des Sports, Paul Ulrich Kessany. Selon lui, les entreprises pourront désormais soutenir les clubs dans le cadre de leur politique de responsabilité sociétale, avec davantage de garanties juridiques.
Le membre du gouvernement a rappelé que la réforme engagée ne remettait nullement en cause l’autonomie du mouvement sportif.
« Le respect des règles internationales et la nécessité de mettre de l’ordre dans notre environnement sportif ne sont pas incompatibles. Ils doivent, au contraire, se renforcer mutuellement », a-t-il déclaré.
Il a également appelé les structures sportives encore en situation irrégulière à profiter du guichet unique mis en place avec le ministère de l’Intérieur. Près de 300 dossiers seraient encore en cours d’examen.
Des recommandations applicables attendues
Coordonnée par Léon Ababé, ancien président de la Fédération gabonaise de football, la Task-Force réunit des experts nationaux et internationaux ainsi que des acteurs issus de différentes composantes du football.
Les travaux seront conduits au sein de plusieurs commissions consacrées notamment à la gouvernance, à la formation, aux compétitions nationales, au financement, au modèle économique et au fonctionnement général de l’écosystème footballistique.
Le ministre a demandé aux participants de produire « des propositions hiérarchisées, assorties de mesures prioritaires et de modalités de mise en œuvre clairement définies ».
Installé dans ses fonctions, Léon Ababé a insisté sur la nécessité de dépasser les simples constats.
« Nous ne pouvons plus nous contenter de constater que le football gabonais va mal. Il faut désormais mettre en place les mécanismes qui permettront de le faire fonctionner », a-t-il affirmé.
Pour le coordonnateur général, le renouveau recherché ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des moyens financiers. Il suppose également une évolution profonde des comportements.
« La thérapie ne consiste pas seulement à soigner nos stades et nos pelouses. Elle doit surtout permettre de changer notre état d’esprit, notre manière de faire », a-t-il soutenu.
Responsabilité, transparence, redevabilité et culture de la performance devront ainsi guider les travaux. « Nous ne sommes pas là pour faire des discours. Dans les cinq jours qui viennent, nous devons proposer quelque chose de pratique, de structuré et d’opérationnel », a conclu Léon Ababé.
Les recommandations finales de la Task-Force devront servir de base aux décisions et aux réformes destinées à replacer durablement le football gabonais sur la voie de la performance.
Marianne IWANI



