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Guinée-Bissau : Un « oui » massif au référendum sur la réforme présidentielle‎‎‎

À Bissau, le référendum voulu par les autorités de transition s’est conclu sur un « oui » massif à une réforme qui reconfigure en profondeur l’architecture institutionnelle. Dans un pays encore marqué par le putsch de 2025, ce vote ouvre une nouvelle séquence politique à trois mois du retour annoncé à un pouvoir civil.




‎Réunie mardi 1er septembre, la Commission nationale des élections (CNE) a confirmé la victoire du « oui » au référendum constitutionnel organisé la veille, avec près de 70 % des suffrages exprimés en faveur d’une réforme élargissant sensiblement les prérogatives du chef de l’État.



‎Ce scrutin, tenu dans un climat politique tendu neuf mois après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025, constitue une étape décisive avant les élections générales du 6 décembre, censées sceller le retour à un pouvoir civil.



‎Dimanche 30 août, quelque 915 000 électeurs étaient appelés aux urnes. Selon Idrissa Djaló, secrétaire exécutif de la CNE, la participation a dépassé les 55 %, dans un processus décrit comme globalement calme.



‎Mais le PAIGC, principale formation d’opposition, avait appelé au boycott, estimant qu’un pouvoir de transition non élu ne pouvait engager une réforme d’une telle ampleur. Plusieurs voix de la société civile, dont celle d’Abubacar Turé, président de la Ligue bissau-guinéenne des droits humains, ont dénoncé une campagne déséquilibrée et les risques d’une hyper présidentialisation du régime.



Un régime présidentiel renforcé


‎Le texte adopté reconfigure l’équilibre institutionnel entre présidence, gouvernement et Parlement. Il confère au chef de l’État le pouvoir de nommer et révoquer librement le Premier ministre et les membres du gouvernement, rompant avec un système où ce choix revenait au parti arrivé en tête des législatives. Une source récurrente de tensions entre exécutif et majorité parlementaire.



‎La réforme autorise également le président à dissoudre l’Assemblée nationale, dont le nombre de sièges passerait de 102 à 65, une mesure présentée par les autorités comme un levier d’efficacité institutionnelle.



‎Depuis le 27 novembre 2025, la Guinée-Bissau est dirigée par le général Horta N’Tam, arrivé au pouvoir après le renversement du président Umaro Sissoco Embaló, trois jours seulement après une élection présidentielle dont les résultats n’avaient jamais été proclamés.
‎La charte de transition exclut le général de la présidentielle du 6 décembre, scrutin qui doit également renouveler l’Assemblée nationale et marquer le retour à un pouvoir civil élu.



Une tendance continentale


‎Ce référendum s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays africains — Zimbabwe, Tchad, ou Ouganda — où des révisions constitutionnelles ont servi à prolonger des mandats ou accroître les pouvoirs exécutifs, soulevant des interrogations récurrentes sur la légitimité de tels processus lorsqu’ils sont conduits par des autorités non élues.


‎FATOUMATA Naida Sidibé

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