Diaspora

Burkina Faso : L’Etat lève 151,5 milliards auprès de sa diaspora

En dépassant les 151,5 milliards de FCFA, les premiers Diaspora Bonds burkinabè font une entrée remarquée à la BRVM. Ouagadougou y voit la preuve qu’un État peut mobiliser l’épargne de ses ressortissants pour financer son industrie et ses mines, tout en misant sur la transparence pour rassurer les marchés.

Le 3 septembre 2026, le Burkina Faso a fait entrer à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) deux emprunts obligataires levés auprès de sa diaspora, pour un total de 151,5 milliards de FCFA. Cette admission marque une étape importante pour Ouagadougou, qui cherche à diversifier ses sources de financement tout en renforçant la transparence de sa dette.

L’opération, menée du 6 mai au 6 juin 2026, visait initialement 125 milliards de FCFA, mais les souscriptions des Burkinabè de l’intérieur et de la diaspora ont permis d’aller bien au-delà. La cotation ne sert pas à lever de nouveaux fonds : elle rend les titres liquides, permettant aux détenteurs de les revendre avant l’échéance et aux investisseurs de l’UEMOA de les acheter directement sur le marché. Deux obligations ont été admises. La première, TPBF.O26, offre un taux de 6,75 % pour une échéance en 2031. La seconde, TPBF.O27, propose 6,85 % et sera remboursée en 2033. Ces rendements, supérieurs à ceux des placements bancaires classiques, expliquent l’intérêt des souscripteurs. En échange, l’État burkinabè s’engage à respecter un calendrier de remboursement strict et à affecter les fonds à des projets productifs.

Selon le gouvernement, 85 milliards de FCFA ont déjà été orientés vers l’industrie, la production de ciment et le secteur minier. Une stratégie qui vise à créer de la valeur ajoutée locale, réduire les importations et générer des emplois. Les 66,5 milliards restants doivent être investis dans la même logique dans les mois à venir.

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Ce succès montre qu’un État peut mobiliser l’épargne de sa diaspora pour financer son développement, plutôt que de dépendre exclusivement du FMI ou des Eurobonds. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest observent cette expérience avec attention. Si les projets financés produisent les résultats attendus, le Diaspora Bond burkinabè pourrait devenir une référence régionale.

Marcelle NTONGONO

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