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Zimbabwe : La belle-fille du président rattrapée par un scandale de drogue‎

À Harare, l’arrestation de Kelsea Tadiwa Tafirenyika, belle‑fille du président Mnangagwa, a déclenché un scandale mêlant drogue, identités multiples et blanchiment. Une affaire explosive qui met à l’épreuve la promesse de « tolérance zéro » du pouvoir zimbabwéen.

‎Dans le quartier huppé de Greystone Park à Harare, la police a récemment fait irruption au domicile de Kelsea Tadiwa Tafirenyika. Âgée de 22 ans, elle est la deuxième épouse de Collins Mnangagwa, fils jumeau du président Emmerson Mnangagwa. Ce qui devait être une opération de routine se transforme immédiatement en dossier explosif : les enquêteurs saisissent péthidine, morphine et cannabis, ouvrant la voie à une accusation de trafic de drogues dangereuses.


‎La découverte d’un second document d’identité, au nom de « Getrude Badza », vient alourdir le dossier dès les premières heures de la procédure.Un dossier qui s’étend au blanchiment. Quelques jours plus tard, le tournant judiciaire se confirme. Les procureurs ajoutent une charge de blanchiment d’argent, accusant la jeune femme d’avoir recyclé les gains présumés du trafic dans un patrimoine de luxe. Les enquêteurs évoquent des biens immobiliers et une collection de véhicules estimée à plusieurs millions de dollars : Lamborghini, Bentley, Rolls‑Royce.


‎Face au tribunal de Harare, le magistrat refuse la caution et tranche : « La société doit être protégée contre vous. » L’affaire prend une dimension encore plus sensible lorsque la mère et la sœur de Kelsea sont arrêtées à Bulawayo pour des faits similaires liés à la drogue. Le dossier ne touche plus seulement une belle‑fille : il s’étend à tout un pan de la famille, renforçant l’embarras du pouvoir.

Un test politique pour Mnangagwa

‎Depuis 2018, le président Emmerson Mnangagwa martèle son discours de lutte contre la corruption et de construction d’un « nouveau Zimbabwe ». Voir une proche du clan devant la justice pour drogue, identités multiples et blanchiment constitue un revers majeur pour cette communication officielle.Pour l’opposition et la société civile, cette arrestation illustre la nécessité d’une justice appliquée à tous, y compris aux familles du pouvoir. Pour le gouvernement, elle représente un test de crédibilité. La suite de la procédure dira si le régime peut traiter un scandale familial sans interférence.


‎Marcelle NTONGONO

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