Politique

Tanzanie : Pourquoi le vice-président Nchimbi démissionne ?

Le vice-président tanzanien a annoncé, le 25 août, son départ effectif au 4 septembre, estimant que la présidente Samia Suluhu Hassan souhaitait lui trouver un remplaçant. Une sortie précoce et inédite qui relance les spéculations sur les tensions au sommet de l’exécutif.

C’est un porte-parole du gouvernement tanzanien qui a confirmé, mardi, que la présidente Samia Suluhu Hassan avait reçu la lettre de démission d’Emmanuel Nchimbi et l’avait acceptée. Selon le communiqué officiel, le vice-président quittera ses fonctions le 4 septembre, date à laquelle le poste sera déclaré vacant. Les autorités ont précisé que la procédure constitutionnelle de désignation d’un nouveau vice-président serait engagée dans la foulée.

Dans sa déclaration, Emmanuel Nchimbi a indiqué être arrivé à la conclusion que la cheffe de l’État souhaitait un autre profil à ses côtés et avoir choisi, en conséquence, d’honorer un engagement personnel en se retirant. Il a précisé quitter dans le même mouvement la vie politique et la Fonction publique. L’homme avait pris ses fonctions en novembre 2025, après avoir été choisi comme colistier de la présidente sortante pour l’élection générale de 2025, remportée par le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), dont il était auparavant le secrétaire général.

Une sortie qui intervient après une prise de position remarquée

Le départ d’Emmanuel Nchimbi survient environ un mois après une intervention publique qui avait suscité des remous au sein de l’establishment politique tanzanien. Fin juillet, lors d’un événement organisé par une coalition de défense des droits humains à Dar es-Salaam, le vice-président avait plaidé pour que la réforme constitutionnelle demeure une priorité nationale — un sujet sensible dans un pays où le débat sur une nouvelle Constitution reste vif.

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Cette démission survient dans une période délicate pour la présidente Samia Suluhu Hassan, dont la réélection, en 2025, avait été entachée par des violences électorales et par une coupure prolongée d’Internet — que la présidente avait par la suite reconnue, en s’engageant à ne pas la répéter. Plusieurs analystes évoquent, derrière le départ de son vice-président, une lutte d’influence au sommet de l’État, la première dirigeante du pays cherchant peut-être à recomposer différemment son duo exécutif.

Naida Sidibé FATOUMATA

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