Zambie : le président Hakainde Hichilema réélu pour un second mandat

Crédité de plus de 61 % des suffrages, le président sortant zambien a été réélu dès le premier tour face à Brian Mundubile. Une victoire nette, mais entachée d’arrestations, d’accusations de fraude et de vives critiques sur les conditions du scrutin.
La présidente de la Commission électorale de Zambie (ECZ), Mwangala Zaloumis, a proclamé mardi 18 août 2026 la victoire du président sortant Hakainde Hichilema. Le candidat du Parti uni pour le développement national (UPND, au pouvoir) a recueilli 2 965 326 voix sur environ 5 millions de suffrages exprimés, soit 61,4 %, contre 38 % pour son principal rival, Brian Mundubile. Cinq des 226 circonscriptions n’avaient pas encore été comptabilisées, mais la commission a jugé que ces résultats manquants n’étaient pas de nature à modifier l’issue du scrutin.
Âgé de 64 ans, Hichilema était le favori grâce aux avantages du pouvoir sortant. Il devançait largement Mundubile, 55 ans, ancien ministre provincial qui se présentait pour la première fois à la présidentielle.
Ce scrutin faisait figure de référendum sur le bilan économique du chef de l’État. Élu en 2021 sur la promesse d’un redressement financier dans ce pays, deuxième producteur de cuivre du continent, Hichilema a bâti sa campagne sur la restructuration de la dette et la maîtrise de l’inflation. Une stratégie qui a permis à l’économie zambienne de renouer avec la croissance après des années de détresse budgétaire.
Dans un communiqué diffusé après l’annonce des résultats, le président réélu a remercié les Zambiens tout en tendant la main à ceux qui ont voté pour l’opposition : « À ces citoyens qui ont préféré les idées présentées par nos adversaires, nous vous entendons, et nous continuerons de travailler pour vous », a-t-il déclaré, qualifiant par ailleurs sa réélection de moment d’humilité.
Dans la foulée, des centaines de partisans vêtus de rouge, la couleur de l’UPND, se sont rassemblés dans les rues de Lusaka pour célébrer la victoire, entre chants et danses.
Mais le climat reste tendu. Le dépouillement avait été suspendu le vendredi précédent avant de reprendre quelques heures plus tard sous haute sécurité, après que la commission a fait état d’attaques contre des agents électoraux et de vols de bulletins dans plusieurs bureaux de vote. La nuit du scrutin, les autorités ont arrêté onze personnes, dont plusieurs figures de l’opposition, lors d’un raid marqué par un échange de tirs. Le gouvernement a évoqué une opération contre des « activités de milice », ce que le parti de Mundubile, le NRPUP, a fermement démenti, dénonçant une attaque contre la vie de son leader, dont le domicile a été perquisitionné.
L’opposant affirme avoir eu connaissance d’informations faisant état d’une possible altération des formulaires de résultats et réclame une enquête indépendante urgente. Accusations que le camp Hichilema qualifie de mensongères.
Les observateurs internationaux, eux, se montrent plus nuancés. L’Union européenne a jugé le vote globalement pacifique, tout en estimant que le processus électoral s’était déroulé dans un environnement limitant les libertés fondamentales. Son chef de mission, Michael McNamara, a pointé « des changements légaux tardifs, une incertitude juridique et des conditions de campagne inégales », qui ont, selon lui, faussé le jeu électoral.
À l’heure où Hichilema entame un second mandat, le défi s’annonce autant économique que politique. Il lui faudra transformer une victoire nette en un apaisement durable du pays.
Difira NKOMO ELLA



