Intégration

Sénégal : Diomaye Faye à Bamako pour sa première à la tête de la Cédéao‎‎

Neuf jours à peine après sa désignation à la tête tournante de la Cédéao, Bassirou Diomaye Faye a choisi Bamako pour son premier déplacement — un choix qui n’a rien d’anodin. Entre corridor commercial sous tension et dialogue au point mort avec l’AES, le président sénégalais joue gros dans la capitale malienne.


Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est rendu ce mardi 28 juillet à Bamako pour une visite de travail de vingt-quatre heures. Reçu par le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, le chef de l’État sénégalais effectue là son tout premier déplacement officiel depuis sa désignation, le 19 juillet, à la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Au menu des échanges entre les deux dirigeants : l’avenir des relations entre l’organisation régionale et l’Alliance des États du Sahel (AES).


Une diplomatie régionale sous tension


‎Depuis 2024, le paysage institutionnel ouest-africain reste marqué par la rupture entre la Cédéao et trois de ses anciens membres. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté l’organisation cette année-là pour fonder l’AES, une confédération distincte. Plusieurs tentatives de dialogue se sont succédé depuis, sans qu’un accord global n’émerge sur les modalités d’un rapprochement. Voire d’une éventuelle réintégration. C’est dans ce climat que s’inscrit le déplacement de Bassirou Diomaye Faye.

‎Ce n’est pourtant pas sa première incursion à Bamako. Le 30 mai 2024, deux mois à peine après son élection, le président sénégalais y effectuait déjà un déplacement centré sur la sécurité, la stabilité régionale et la préservation des liens historiques entre les deux pays.
‎Sur le dossier de l’AES, Diomaye Faye n’est pas non plus un novice. Dès juillet 2024, il avait été mandaté par la Cédéao pour négocier avec la confédération sahélienne, sans parvenir à un accord. Depuis mars, ce sont les discussions menées par l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, pour le compte de l’organisation, qui font office de canal principal entre les deux blocs.


‎Au-delà des enjeux diplomatiques et sécuritaires, la rencontre a aussi une dimension économique de poids. L’axe Dakar-Bamako demeure l’une des principales voies d’approvisionnement du Mali. Un corridor fragilisé depuis plusieurs mois par des attaques jihadistes contre les convois de marchandises. Ces incidents avaient contraint les transporteurs sénégalais à suspendre temporairement leurs rotations en mai dernier, révélant la dimension sécuritaire des enjeux logistiques qui lient les deux économies.


‎Naida Sidibé FATOUMATA

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