Sénégal : l’audiovisuel public échappe in extremis à la grève

Après des semaines de vives tensions entre les salariés de l’audiovisuel public et leur direction générale, l’intersyndicale de la RTS a annoncé la suspension de ses actions de protestation à la suite d’engagements gouvernementaux.
Le soulagement est palpable dans les couloirs du ministère de la Communication comme dans les bureaux du comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. L’intersyndicale de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) regroupant le SYNPICS, le SYNPAP et la CNTS a annoncé, ce mardi 27 octobre, la suspension de son mot d’ordre de grève et la fin du boycott qui menaçait la couverture médiatique de l’événement sportif international.
Le spectre d’un écran noir lors des grandes manœuvres d’octobre et de novembre s’éloigne. Les débrayages et arrêts de travail initialement programmés pour les 31 octobre, 1ᵉʳ et 2 novembre 2026 sont officiellement annulés. En cause dans ce revirement ? Une médiation gouvernementale menée au plus haut sommet de l’État pour éviter un couac diplomatique et médiatique majeur à la veille du premier événement olympique accueilli sur le sol africain.
Des négociations au sommet
La crise, qui couvait depuis plusieurs mois, opposait frontalement le personnel de l’audiovisuel public à sa direction générale, incarnée par le journaliste Pape Alé Niang. Les syndicats fustigeaient une détérioration du climat social, dénonçant une gestion jugée unilatérale ainsi que la remise en cause de certains avantages sociaux jusqu’alors acquis.
Face à l’impasse et au risque de paralyser la communication de la nation, le gouvernement a dépêché ses poids lourds. Des négociations marathon associant le ministre de la Communication, le ministre du Travail ainsi que Matar Silla, mandataire du Premier ministre, ont permis de renouer le dialogue.
Au cœur du compromis trouvé figure l’engagement formel de l’exécutif en faveur d’une application progressive de l’accord d’entreprise de la RTS. Un calendrier précis a été arrêté : les revalorisations et ajustements prévus prendront effet dès le mois de janvier 2027.
Trêve sociale et impératif olympique
Pour l’exécutif sénégalais, l’enjeu dépassait largement le cadre des revendications salariales. Une perturbation des retransmissions ou un boycott syndical lors des JOJ Dakar 2026 aurait porté une atteinte sévère à l’image du pays sur la scène internationale. En obtenant cette trêve syndicale, le gouvernement assure la continuité du service public de télévision et sécurise le dispositif de retransmission des épreuves.
Si la suspension des actions de protestation marque une victoire diplomatique pour les médiateurs gouvernementaux, les syndicats restent vigilants. Cette suspension s’apparente à une marque de bonne foi, conditionnée au respect strict de l’échéancier promis pour le début de l’année 2027.
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Amadou Tidiane DIA



