RDC : Le dialogue national de Tshisekedi entre dans le concret

Tshisekedi vient de signer l’acte fondateur de son dialogue national. Sur le papier, une avancée. Sur le terrain, une opposition qui n’y voit pour l’instant qu’un exercice verrouillé d’en haut.
C’est fait. Dimanche 13 septembre, Félix Tshisekedi a signé l’ordonnance créant le Comité d’organisation préliminaire du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. L’annonce, sobre, est venue de sa porte-parole Tina Salama.
Si ce comité n’organisera rien du dialogue lui-même, sa tâche est plus modeste, et plus technique : déblayer le terrain pour qu’une commission préparatoire puisse, plus tard, prendre le relais. Concrètement, il s’agira de caler les questions de financement, de sécurité, de logistique; Consulter les parties prenantes; Centraliser ce qui remonte du terrain. Bref, du travail de fond, loin des projecteurs.
Sauf que le dispositif a déjà un défaut, aux yeux de ses détracteurs : il reste sous la coupe directe de la présidence. C’est Tshisekedi qui nommera le coordonnateur, son adjoint, et tous les membres. De quoi nourrir un procès qui ne date pas d’hier. « Un dialogue censé sortir le pays de la crise ne peut pas être organisé et contrôlé par une seule partie », tranche Emery Okundji, secrétaire général du Fonus et membre de la Coalition Article 64. Une manière de dire que la méfiance, côté opposition, est loin d’être dissipée.
Un climat qui ne laisse guère de marge
Le contexte n’aide pas. Entre les tensions politiques persistantes et la situation toujours instable dans l’est du pays, la RDC aborde ce dialogue sous pression. Le pouvoir, lui, mise sur ce processus pour redonner un peu de souffle à la cohésion nationale. Du moins dans le discours.
Reste l’inconnue de taille : qui, autour de la table ? À quelles conditions ? Et surtout, l’opposition et la société civile accepteront-elles de jouer le jeu, ou resteront-elles sur le pas de la porte ? Tshisekedi a posé sa pierre. La suite dépendra de ceux qui voudront bien s’asseoir dessus.
Andréa



