Marchés mondiaux : Le prix de l’huile de palme explose, la tonne vers 797 000 CFA

La guerre en Iran fait grimper le pétrole et dope indirectement l’huile de palme. Depuis le début du conflit, le baril a dépassé plusieurs fois les 60 000 Fcfa. Résultat : produire du biodiesel avec des huiles végétales redevient bien plus intéressant que d’utiliser du diesel classique. Un vrai casse-tête pour les pays qui importent du brut, une aubaine pour le marché de l’huile.
Cité par Reuters, Dorab Mistry, analyste et directeur chez Godrej International, prévoit une hausse de 12% d’ici la mi-juillet. Le prix moyen de la tonne d’huile de palme atteindrait alors 5 200 ringgits, soit environ 797 400 Fcfa. Dès juin, Mistry voit déjà les cours toucher 5 000 ringgits, ce qui représentait près de 766 800 Fcfa.
Depuis fin février, date du début de la guerre, les prix ont déjà pris 15%. L’huile de palme, première huile consommée au monde, profite à fond du nouvel engouement pour le biodiesel. Avec un brut aussi cher, l’huile de palme devient une matière première de choix pour les fabricants de biodiesel. Les États réagissent.
Fin mars, l’Indonésie a annoncé vouloir passer de 40% à 50% la part de biodiesel d’huile de palme dans son gazole dès juillet. Le B40 deviendrait donc B50. En Malaisie, un nouveau carburant, le B15, contenant 15% d’huile de palme, doit entrer en production en juin pour tenter de faire baisser le prix du diesel.
Même logique aux États-Unis. L’EPA, l’Agence pour la protection de l’environnement, demande aux transformateurs de soja d’augmenter leur production de biodiesel de plus de 60% cette année. Moins de soja à l’export, c’est mécaniquement un soutien pour l’huile de palme, sa concurrente directe.
Entre le conflit en Iran, les nouveaux mandats de biodiesel et le baril au-dessus de 60 000 Fcfa, la tendance reste clairement haussière pour l’huile de palme jusqu’à la mi-juillet au minimum.
Marcelle NTONGONO



