Sénégal : l’importation de sucre suspendue dès novembre 2026

Face à des stocks jugés suffisants de la Compagnie sucrière sénégalaise, Dakar suspendra dès novembre les importations de sucre pour une période pouvant aller jusqu’à neuf mois. Une décision destinée à soutenir la production locale, mais qui ravive les interrogations sur l’évolution des prix pour les consommateurs.
Annoncée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, la suspension de l’import du sucre devrait s’étendre sur une période de huit à neuf mois. Elle vise principalement à favoriser l’écoulement de la production nationale et à soutenir la Compagnie sucrière sénégalaise.
Cette décision intervient quelques mois après la réouverture du marché aux importations, effective depuis le 15 juillet dernier. À l’époque, les autorités avaient autorisé l’arrivée de sucre étranger afin de compléter les stocks disponibles et d’éviter les risques de pénurie sur le marché national. Cette ouverture répondait notamment à la nécessité de satisfaire la demande des consommateurs durant les périodes de forte consommation. Désormais, le gouvernement entend réorienter sa politique vers la production locale.
Selon les informations communiquées par le ministère et rapportées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), les stocks de la Compagnie sucrière sénégalaise sont actuellement estimés à environ 30 000 tonnes. Une situation qui nécessite, selon les autorités, des mesures permettant de faciliter la commercialisation du sucre produit sur place.
Cette suspension ne sera pas nécessairement maintenue pendant toute la période annoncée. Sa durée pourra être ajustée en fonction du niveau de production nationale et de l’évolution des besoins du marché. Au-delà du soutien apporté à l’industrie sucrière, cette mesure soulève également la question du prix du sucre pour les consommateurs. Le ministère de l’Industrie et du Commerce reconnaît en effet que le sucre importé reste relativement moins cher que celui produit localement. Un écart de prix qui pourrait compliquer la transition vers une consommation davantage tournée vers la production nationale.
Conscient de cet enjeu, le gouvernement affirme vouloir préserver le pouvoir d’achat des ménages et assurer la viabilité de l’industrie sucrière locale. Les autorités rappellent également la nécessité de constituer un stock de sécurité équivalant à un mois de consommation nationale, afin de prévenir d’éventuelles perturbations dans l’approvisionnement.
En suspendant une nouvelle fois les importations, Dakar cherche ainsi à mieux réguler le marché et à donner davantage de place à sa production nationale. Reste à savoir si les capacités de la CSS permettront de répondre durablement à la demande sans provoquer de tensions sur les prix ou la disponibilité du produit.
Andréa Ontsouma Minlo’o



