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Comores : Une loi réserve des métiers aux nationaux, les commerçants malgaches s’alarment

Adoptée en juillet, une loi comorienne interdit à des étrangers l’exercice de certaines activités. Pas encore appliquée, elle plonge dans l’incertitude quelque 20 000 Malgaches installés dans l’archipel, notamment les commerçants du marché de Volo Volo, à Moroni.
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‎Voté en juillet, un texte ferme à des étrangers l’accès à certains métiers aux Comores. Sans être encore entré en vigueur, il suscite de vives inquiétudes chez les commerçants étrangers, en particulier chez les Malgaches qui tiennent des étals à Volo Volo, le plus grand marché du pays, à Moroni. Selon les estimations, quelque 20 000 ressortissants malgaches installés dans l’archipel verraient leurs activités menacées.
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‎Parmi eux, Larissa Razafitiana, 37 ans, vend des chaussures. Ses recettes lui permettent d’envoyer chaque mois entre 50 et 100 euros (environ 33 000 à 66 000 F CFA) à sa famille, restée à Ambilobe, petite ville du nord de Madagascar. Venue aux Comores pour y gagner sa vie, elle confie son angoisse face à l’avenir. Elle regrette qu’un visa de travail lui ait été refusé alors que d’autres Malgaches en obtiennent, et se demande où trouver des revenus si son activité devenait impossible.
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‎Une mesure au nom de la « justice sociale »
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‎Les autorités récusent toute lecture xénophobe. Hamidou Mhoma, vice-président de la Nouvelle OPACO, présente le texte comme une loi de justice sociale, comparable à celles de nombreux pays qui ne sont pas pour autant accusés de discrimination. Il cite la Tanzanie, qui a pris une disposition similaire cette année, et refuse tout parallèle avec les violences antiétrangers observées en Afrique du Sud.
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‎Selon lui, personne n’est chassé ni empêché de résider : les étrangers restent les bienvenus dans le secteur salarié. En matière d’entrepreneuriat, en revanche, ils devraient investir dans les domaines où le pays manque de compétences ou de capitaux. « Les Comores ont le droit de choisir les investisseurs qu’elles accueillent », fait-il valoir.
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‎Les Comores ne sont pas un cas isolé. Au Kenya, en Tanzanie ou en Afrique du Sud, les activités économiques menées par des étrangers sont de plus en plus ciblées, ce qui nourrit les craintes d’une montée de la xénophobie sur le continent. Les contextes diffèrent toutefois : Moroni met en avant la protection de l’entrepreneuriat national, quand le cas sud-africain renvoie à des tensions sociales et à des violences.
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‎Ses détracteurs redoutent qu’il ne précarise les étrangers établis de longue date dans l’archipel. Autre critique : la loi écarte aussi les personnes devenues comoriennes par naturalisation, ce qui soulève la question de l’égalité entre citoyens.
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‎FATOUMATA Nadia Sidibé

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