Mobilité : Uber se retire du Nigéria et d’Ouganda

Le 2 septembre 2026, Uber a coupé ses applications au Nigéria et en Ouganda, après douze ans d’activité à Lagos, et dix ans à Kampala. L’entreprise américaine invoque une révision de ses priorités. En partant, elle offre un boulevard à Bolt, inDrive et aux plateformes locales dans le plus grand marché de VTC du continent.
Uber a mis fin à ses services de VTC au Nigéria et en Ouganda. Le départ clôt une longue histoire. Douze années au Nigéria, et dix en Ouganda. Dans un communiqué, l’entreprise évoque une « révision de ses priorités commerciales et de ses investissements » sans donner plus de précisions.
Pour gérer la transition, Uber maintient son service d’assistance jusqu’au 23 septembre 2026. Il sera chargé de régler les derniers problèmes de comptes, les paiements aux chauffeurs et les réclamations des utilisateurs.
Ce retrait s’inscrit dans une série connue. Uber avait déjà quitté la Côte d’Ivoire en septembre 2025, puis la Tanzanie le 30 janvier 2026. La logique est désormais claire. Le groupe américain se concentre sur les marchés où la rentabilité est plus rapide. Il quitte ceux où la concurrence est trop rude et les coûts d’opération trop élevés.
L’Afrique n’est pas abandonnée pour autant. Uber reste actif en Afrique du Sud, en Égypte, au Ghana, au Kenya et au Maroc. Des pays considérés comme plus stables économiquement et plus denses en termes de clientèle.
Au Nigéria, le départ d’Uber redistribue toutes les cartes. Bolt hérite immédiatement d’une large base de chauffeurs et de clients. inDrive poursuit sa progression avec son modèle de négociation du prix. Mais la vraie plus-value est ailleurs. Des plateformes locales comme Treepz, Shuttlers ou des coopératives de chauffeurs prennent de l’ampleur. Elles s’appuient sur une connaissance fine du terrain, des tarifs adaptés aux réalités locales et des commissions plus basses.
Pour les quelques 100 000 chauffeurs partenaires au Nigéria, c’est une période de migration forcée vers d’autres applications. Pour les usagers, c’est le début d’une guerre des prix entre Bolt et inDrive. Le retrait d’Uber confirme une tendance de 2026. Les géants de la tech privilégient la marge à la conquête. Et l’Afrique prouve qu’elle a désormais des acteurs capables de prendre la relève.
Marcelle NTONGONO



