Gabon : Ndong Sima dénonce une Agropag en crise

Moins de six mois après son installation, l »ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima a annoncé son retrait de la présidence du Conseil d’administration de la Société agropastorale du Gabon (Agropag), dénonçant une entreprise « en train de mourir ». Une annonce fracassante qui met les projecteurs sur cette structure publique censée porter l’autosuffisance alimentaire du Gabon
Dans une interview accordée à WN TV fin juillet 2026, moins de six mois après son installation, il pointe une gouvernance bloquée, des décisions systématiquement rejetées par la direction générale et un fonctionnement à l’arrêt. Une source proche du dossier nuance toutefois qu’aucun document officiel de démission n’a été produit à ce jour.
C’est par une vidéo abondamment partagée sur les médias sociaux que Raymond Ndong Sima a fait connaître son intention de quitter ses fonctions. Dans une interview accordée à la chaîne Woleu-Ntem TV, l’ancien Premier ministre de la Transition a dressé un constat sans appel sur l’état d’Agropag, qu’il dit être « en train de mourir », invitant quiconque en douterait à vérifier « sur tous les sites et auprès des différents dirigeants ».
Selon Raymond Ndong Sima, la paralysie de la structure tient à un blocage systématique entre le Conseil d’administration et la direction générale. En trois mois, cinq conseils d’administration se seraient tenus sans qu’aucune décision ne soit suivie d’effet, le directeur général rejetant, selon lui, l’intégralité des points retenus par le Conseil, vérifiables selon lui dans les procès-verbaux. Il évoque des rapports difficiles avec la direction générale, sur fond de ce qui transparaît comme un conflit intergénérationnel.
Démission ou simple retrait ? Le flou persiste
Si plusieurs médias ont rapidement parlé de démission, une source proche du dossier a tenu à apporter une clarification : Raymond Ndong Sima ne se serait, à ce stade, que mis en retrait après avoir alerté les administrateurs sur plusieurs dysfonctionnements de gouvernance, aucun document officiel de démission n’ayant été produit. Les conséquences seraient toutefois déjà perceptibles sur le terrain, avec un ralentissement de plusieurs projets agricoles et des difficultés touchant notamment les filières avicole et bovine, alors qu’Agropag avait pourtant réussi à commercialiser ses premiers poulets dès 2025.
Agropag a été créée par ordonnance lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, en remplacement de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG), dont les compétences, activités et patrimoines lui ont été transférés de plein droit. Présentée par l’exécutif comme une refonte complète de l’outil public chargé de porter la diversification agricole et la souveraineté alimentaire du pays, la société avait bénéficié d’une dotation budgétaire de deux milliards de francs CFA. Raymond Ndong Sima en avait pris la présidence le 9 mars 2026, aux côtés du directeur général Aubert Ndzila.
Naida Sidibé FATOUMATA



