Financement du climat : l’Afrique centrale fait entendre sa voix à Monaco

Réunis les 15 et 16 juin 2026 au Musée océanographique de Monaco, les États francophones ont resserré leur stratégie climat. Le Gabonais Nicaise Moulombi, représentant l’Afrique centrale, y a porté un plaidoyer exigeant, en faveur d’une adaptation des mécanismes de financement aux réalités des organisations de la société civile francophones.
C’est face à la Méditerranée que l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) a ouvert sa 35e session du Conseil d’orientation. Objectif affiché par cette organisation, bras technique de l’Organisation internationale de la Francophonie : accélérer le passage des discours aux résultats.
La principauté de Monaco, invitée d’honneur, a donné le ton dès l’ouverture. Par la voix d’Isabelle Rosabrunetto, directrice générale des Relations extérieures et de la Coopération, elle a annoncé la reconduction et le renforcement de son soutien à l’IFDD à partir de 2027. Priorité affichée : déverrouiller l’accès des États francophones aux financements pour le climat et la biodiversité.
C’est dans ce cadre que Nicaise Moulombi a pris la parole. Représentant de l’Afrique centrale au Conseil d’orientation, le Gabonais a insisté sur la nécessité de tenir compte des spécificités économiques de chaque territoire dans la conception des financements destinés aux organisations de la société civile. Un appel à la différenciation, dans un espace francophone aux réalités très inégales.
Intervenant à mi-parcours de la programmation 2026, cette 35e session n’avait pas vocation à dresser un bilan de façade. Les délégués ont passé en revue les avancées enregistrées et recalibré les priorités autour de quatre axes : climat, biodiversité, finance durable et tourisme durable. La méthode de l’IFDD reste constante — engagements, financements, projets, impacts — mais l’exigence de résultats mesurables s’est faite plus pressante.
Pour alimenter les débats, Monaco et la Wallonie ont partagé leurs expériences respectives en matière d’économie bleue, de tourisme responsable et de politiques territoriales de transition. Des retours concrets, utiles à des États membres qui n’ont ni le temps ni les moyens de tâtonner.
Organe subsidiaire de l’OIF, l’IFDD a pour mission d’aider les 88 États et gouvernements membres à convertir leurs engagements climatiques en lignes de crédit, puis en projets tangibles sur leurs territoires.
Marcelle NTONGONO



