Appel à la décolonisation de la recherche, à la restitution des données scientifiques et au respect de la souveraineté des savoirs locaux

Libreville, le 13 mai 2026
Nous exprimons notre profonde préoccupation face aux pratiques persistantes de
captation des données scientifiques, d’appropriation des savoirs locaux et
d’exploitation institutionnelle menées au nom de la coopération scientifique
internationale.
Depuis plusieurs années, des projets de recherche financés par des budgets
considérables ont été conduits sur nos territoires avec la participation directe des
communautés locales, des institutions nationales et de nombreuses ressources
publiques et humaines. Pourtant, les retombées concrètes pour les populations
concernées demeurent limitées, tandis que les résultats scientifiques, les bases de
données, les archives et les productions intellectuelles restent majoritairement
contrôlés ou exploités à l’extérieur du pays.
Nous dénonçons avec fermeté les actions de Lee WHITE qui s’apprête a divulguer
a Londres:
- l’absence de restitution complète des données scientifiques collectées ;
- le manque de transparence concernant l’usage des financements de recherche ;
- l’exploitation de savoirs locaux sans mécanismes équitables de reconnaissance
et de partage ; - ainsi que les dynamiques de pouvoir permettant à certaines personnalités
politiques ou scientifiques de consolider leur influence internationale au détriment
de la souveraineté scientifique nationale.
Nous demandons officiellement :
- La remise immédiate et intégrale des données scientifiques
Toutes les données collectées dans le cadre des programmes de recherche menés
sur le territoire national doivent être restituées aux institutions compétentes du
pays, incluant :
- archives scientifiques ;
- bases de données numériques ;
- résultats d’analyses ;
- échantillons ;
- publications ;
- cartographies ;
- inventaires patrimoniaux et culturels ;
- ainsi que tout document produit grâce aux financements liés aux projets
concernés.
- L’ouverture d’un audit indépendant
Nous appelons à la mise en place d’un audit international indépendant afin
d’évaluer :
- l’utilisation réelle des budgets annoncés ;
- les bénéfices concrets pour les communautés locales ;
- les impacts durables sur les infrastructures scientifiques nationales ;
- ainsi que le respect des règles éthiques et des engagements contractuels.
- La protection de la souveraineté des données et des savoirs locaux
Les connaissances traditionnelles, données culturelles, biologiques, historiques et
territoriales ne peuvent continuer à être exploitées sans gouvernance locale forte
ni contrôle des peuples concernés. - La clarification des responsabilités institutionnelles
Nous exprimons également notre inquiétude face aux situations dans lesquelles
certaines personnalités publiques auraient utilisé des statuts politiques,
diplomatiques ou des affiliations de nationalité afin d’obtenir une autorité ou une
légitimité facilitant la collecte, le transfert ou l’exploitation de données stratégiques
au profit d’intérêts extérieurs.
Toute utilisation d’une fonction publique ou d’un statut politique pour contourner
les principes de souveraineté scientifique, de transparence ou de consentement
des populations concernées doit faire l’objet d’un examen rigoureux et
indépendant.
Nous réaffirmons que :
la recherche scientifique ne peut être crédible sans justice, sans éthique et sans
respect de la souveraineté des peuples.
Nous appelons les gouvernements, universités, organisations internationales,
bailleurs de fonds et institutions de recherche à soutenir une nouvelle gouvernance
scientifique fondée sur :
- l’équité ;
- la transparence ;
- la restitution des données ;
- le respect des communautés locales ;
- et la reconnaissance pleine et entière des chercheurs nationaux.
Nicaise MOULOMBI
