Économie

Relance du débat sur le franc CFA : la BEAC dément

La publication, le 7 mai 2026, d’une note de Citigroup relayée par Bloomberg a ravivé un sujet hautement sensible en Afrique centrale : la stabilité du franc CFA. Le document, signé par David Cowan, chef économiste Afrique de Citi, n’annonce aucune dévaluation. Il s’agit d’une analyse, non d’une prédiction. Mais dans la région, le mot suffit à réveiller les fantômes.

‎Une analyse, pas une alerte officielle

‎Dans son évaluation, Cowan estime que la CEMAC gagnerait à envisager une dévaluation pour soutenir la croissance et préserver des réserves de change sous pression. L’analyse concerne l’ensemble des six pays membres — Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, Centrafrique et Guinée équatoriale — dont la monnaie reste solidement arrimée à l’euro. 
‎Citi ne suggère en aucun cas une initiative isolée du Gabon, ni n’annonce une décision imminente. Aucune autorité monétaire ou politique n’a acté un tel scénario. La note relève strictement de la littérature financière d’une banque d’investissement.

‎La BEAC réagit

‎Face aux spéculations, la BEAC a opposé une réponse claire : aucune dévaluation n’est envisagée. Depuis janvier 2026, l’institution juge ces rumeurs infondées et rappelle la solidité du cadre monétaire actuel. 
‎Cette réaction vigoureuse s’explique par la mémoire encore vive de 1994, lorsque la dévaluation de 50 % du franc CFA avait bouleversé les économies et les sociétés d’Afrique centrale et de l’Ouest. Le sujet dépasse donc la technique monétaire : il touche à la souveraineté, à la stabilité sociale et à la confiance dans le modèle économique régional.



‎Marcelle NTONGONO 

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