Sécurité

Gabon : l’État militarise les Eaux et Forêts pour endiguer braconnage

Le vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, a présidé le 25 mars 2026 la cérémonie de présentation au drapeau du premier contingent du corps paramilitaire des Eaux et Forêts. Cette réforme, impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, vise à adapter les moyens de l’administration forestière face à l’ampleur des menaces : braconnage, exploitation illégale et trafics en tout genre.

Désormais dotés d’un statut paramilitaire, les agents bénéficient d’une discipline renforcée et d’une protection adaptée aux risques inhérents à leurs missions. « Cette mutation confère à nos agents une autorité renforcée, une protection socio-professionnelle adaptée ainsi que des parcours de formation d’excellence », a déclaré le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo.

‎546 agents formés, 900 recrutements programmés
‎Le premier contingent compte 546 recrues, réparties entre 316 auditeurs libres et 230 écogardes. Après trois mois de formation élémentaire toutes armes (FETTA), ces agents constituent désormais une force opérationnelle dédiée à la sécurisation des écosystèmes nationaux. Cette vague s’inscrit dans un plan plus large de recrutement de 900 agents, décidé par la présidence de la République.

‎La cérémonie a également été l’occasion d’inaugurer deux infrastructures stratégiques. La première est le bâtiment abritant le Système national de traçabilité du bois du Gabon (SNTBG), un outil numérique permettant de suivre le bois de l’exploitation à l’exportation, garantissant sa légalité. La seconde est un nouveau dépôt sécurisé destiné au stockage de l’ivoire saisi, visant à renforcer la lutte contre les réseaux criminels, en conformité avec les normes internationales.

‎Selon le ministre, ces réalisations bénéficient du soutien de l’accord de conversion de dette signé entre le Gabon et la France en 2008, illustrant la coopération bilatérale en matière de préservation des écosystèmes.

‎Un financement de 11,48 milliards pour moderniser les moyens opérationnels

‎Une convention de financement du projet de Renforcement des infrastructures et des moyens opérationnels des structures déconcentrées (RIMOSD) a par ailleurs été signée. Doté de 11,48 milliards de FCFA et prévu sur six ans, ce programme, également soutenu par l’accord bilatéral franco-gabonais, ambitionne de moderniser durablement l’action forestière sur l’ensemble du territoire.

‎À travers ces initiatives, le Gabon entend consolider sa souveraineté environnementale et renforcer son rôle d’acteur engagé dans la protection des ressources naturelles à l’échelle régionale et internationale.



‎Roger BIÈRE 

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