Côte d’Ivoire : Baleine, l’or noir qui veut réindustrialser le pays

Le secteur pétrolier ivoirien entre dans une nouvelle phase. En début de semaine, le consortium formé par ENI, Petroci et Vitol a officialisé le lancement de la phase 3 du projet « Baleine ». L’enveloppe prévue atteint 4 milliards de dollars, soit environ 2 254 milliards de FCFA.
Situé au large d’Assinie, dans le sud-ouest du pays, ce gisement mixte de pétrole brut et de gaz naturel est en production depuis août 2023. L’objectif affiché par Abidjan est de s’appuyer sur cette ressource pour réduire sa dépendance énergétique.
Le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, s’est montré optimiste. Pour lui, l’investissement va permettre d’augmenter nettement les volumes extraits et de renforcer la sécurité énergétique nationale. Les chiffres annoncés parlent d’eux-mêmes : la production pétrolière devrait grimper de 60 à 150 barils par jour, tandis que le gaz passerait de 80 à 200 millions de pieds cubes quotidiens.
L’enjeu va au-delà du brut. Le gaz supplémentaire est destiné en priorité aux centrales électriques. Le gouvernement compte sur cette montée en puissance pour alimenter son plan d’industrialisation.
Côté gaz naturel, la Côte d’Ivoire couvre déjà sa consommation interne. La question se pose davantage pour le pétrole. Actuellement, la Société ivoirienne de raffinage, la SIR, importe encore une partie de ses approvisionnements. La raison, son usine n’est pas conçue pour traiter le type de brut extrait à Baleine. Une source proche du dossier estime qu’il faudra envisager la construction d’une nouvelle raffinerie adaptée si l’on veut valoriser localement cette production.
Marcelle NTONGONO



