Afrique du Sud : Quatorze mineurs clandestins tués dans un nouvel éboulement

Quatorze mineurs clandestins ont péri dans l’effondrement d’une ancienne mine de platine près de Rustenburg. Ce drame, loin d’être isolé, relance les critiques sur la gestion des milliers de sites miniers abandonnés en Afrique du Sud.
Un nouvel accident meurtrier est venu rappeler, lundi soir, la dangerosité extrême de l’exploitation minière clandestine en Afrique du Sud. Près de Rustenburg, à une centaine de kilomètres au nord‑ouest de Johannesburg, quatorze mineurs clandestins, pour la plupart originaires du Lesotho, ont trouvé la mort dans l’effondrement d’une ancienne mine de platine. Huit autres ont été grièvement blessés.
Les galeries, abandonnées depuis des années, ne disposaient d’aucune infrastructure de sécurité.Selon la police sud‑africaine, le drame s’est produit dans un puits laissé à l’abandon par une compagnie minière, sans contrôle technique ni surveillance. Les équipes de secours poursuivent leurs recherches pour déterminer si d’autres personnes sont encore coincées sous terre, tandis qu’une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes de l’effondrement.
Un phénomène ancien, nourri par la pauvreté
L’accident met une nouvelle fois en lumière l’ampleur de l’exploitation minière artisanale illégale dans le pays. L’Afrique du Sud compte près de 6 000 mines abandonnées, devenues le terrain d’activité des zama zamas, ces mineurs clandestins venus du Lesotho et d’autres pays de la sous‑région.
Attirés par l’espoir d’extraire de l’or ou du platine, ils s’enfoncent dans des galeries délabrées ou creusent de nouveaux puits, au péril de leur vie.Ce secteur informel, dépourvu d’encadrement, est aussi gangrené par le crime organisé : extorsion, règlements de comptes, trafics divers. Une économie parallèle qui prospère sur fond de pauvreté, de chômage massif et d’absence de perspectives dans l’économie formelle.
Le drame de Rustenburg survient moins de deux semaines après une opération policière menée le 31 juillet à Stilfontein, dans la même province du Nord‑Ouest, où 24 ressortissants étrangers en situation irrégulière avaient été arrêtés sur des sites clandestins.
Ce nouvel accident ravive le débat sur la gestion des milliers de sites miniers abandonnés en Afrique du Sud. Faute de réhabilitation, ces puits désaffectés continuent de coûter la vie à des travailleurs qui cherchent, souvent au risque de mourir sous terre, une source de revenus que l’économie formelle ne leur offre pas.
Naida Sidibé FATOUMATA



