Justice

Sénégal : la Cour suprême gèle l’arrivée de Starlink‎‎

Saisie en urgence par Sonatel, la Cour suprême a suspendu le 7 septembre 2026 l’autorisation accordée à Starlink Sénégal. L’opérateur historique dénonce une concurrence déloyale, après avoir déboursé 134,5 milliards de FCFA pour ses licences.



‎La décision a surpris le secteur des télécommunications sénégalais. Le 7 septembre 2026, la Cour suprême a ordonné la suspension provisoire de l’autorisation délivrée à Starlink Sénégal, à la suite d’un recours en urgence déposé par Sonatel. Révélée par PressAfrik, l’information confirme les tensions entre l’opérateur historique et le géant américain des télécommunications satellitaires.


‎Sonatel conteste les conditions dans lesquelles Starlink a été autorisé à opérer sur le marché sénégalais. Dans son recours, l’opérateur rappelle avoir versé 134,5 milliards de FCFA pour obtenir sa concession ainsi que ses fréquences 4G et 5G. Il pointe également ses obligations : couverture de l’ensemble du territoire, y compris les zones les moins rentables, contribution au service universel, respect de normes de qualité de service strictes.


‎ Selon Sonatel, autoriser Starlink sans lui imposer des charges équivalentes créerait un déséquilibre concurrentiel, un acteur assumant le coût de l’infrastructure quand l’autre n’aurait qu’à exploiter le marché.



‎La Cour suprême a suivi cet argument sur la forme. Elle a justifié la suspension par l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de l’autorisation accordée à Starlink. Une formule qui, en droit administratif, ne préjuge pas du fond mais suffit à geler une décision jugée fragile. L’affaire devra être tranchée dans les prochains mois pour déterminer si Starlink pourra opérer durablement au Sénégal. Pour l’heure, Sonatel enregistre une victoire procédurale.



‎Sur le terrain, la situation reste incertaine. Aucune coupure généralisée n’a été confirmée pour les abonnés déjà équipés de kits Starlink, et l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes n’a pas communiqué sur les modalités pratiques de cette suspension. Les distributeurs, qui misaient sur l’internet satellitaire pour desservir les zones blanches et une clientèle en quête d’alternatives à la fibre, restent dans l’attente.


‎Au-delà du cas Starlink, c’est l’équilibre du marché télécoms sénégalais qui se trouve posé sur la table. Le pays a besoin des investissements de Sonatel dans la 4G et la 5G, mais aussi de solutions satellitaires pour connecter les zones que la fibre n’atteindra pas. Il revient désormais au régulateur de fixer les règles d’une concurrence équitable entre ces deux modèles.



‎Marcelle NTONGONO

Lire Aussi:  Kenya : la justice refuse l’usage religieux du cannabis par les rastafaris

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page