Cameroun : Dangote veut doubler sa capacité alors que ses ventes plongent

Dangote Cement vise 3 millions de tonnes par an au Cameroun d’ici 2028. Mais au premier semestre 2026, ses ventes ont chuté de 13,1%. L’objectif paraît déconnecté de la réalité du marché.
La filiale camerounaise a vendu 596 800 tonnes entre janvier et juin 2026, selon les résultats semestriels publiés le 29 juillet. C’est 90 000 tonnes de moins qu’un an plus tôt. Le deuxième trimestre est encore plus faible : 296 800 tonnes, contre 300 000 au premier. Le recul s’estompe légèrement, mais il n’y a pas de reprise. Dangote impute la baisse au ralentissement de la construction, aux retards des dépenses publiques et aux projets d’infrastructures au ralenti. Le groupe parle d’un effet temporaire.
En juin, la filiale a annoncé porter ses capacités de 1,5 à 3 millions de tonnes par an d’ici 2028. Au rythme actuel, annualisé à 1,194 million de tonnes, Dangote n’utiliserait que 39,8% de cette nouvelle capacité. Pour atteindre 3 millions, il faudrait multiplier les ventes par 2,5. Or la tendance est inverse : 1,2 million de tonnes vendues en 2025, contre 1,4 million en 2024.
Le 21 juillet, le vice-président du groupe, Devakumar Edwin, a annoncé au premier ministre une « nouvelle cimenterie à Douala ». La recherche de site est en cours. Aucun coût, calendrier ni capacité précise n’ont été communiqués. Cela contredit l’annonce de juin qui évoquait une extension à Douala et une usine à Yaoundé. Le groupe n’a pas clarifié s’il s’agit du même projet.
L’accord de 1 milliard de dollars, soit 569 milliards FCFA signé le 28 février avec Sinoma pour 12 projets en Afrique, dont le Cameroun, ne donne aucune ventilation pour le pays. On ignore donc s’il s’agit de broyage, d’une cimenterie intégrée ou d’une simple extension. Dangote doit résoudre deux urgences : relancer les ventes et préciser son modèle industriel, notamment sur la dépendance au clinker nigérian.
En l’absence de données globales sur le marché camerounais au S1 2026, on ne peut pas dire si la baisse est propre à Dangote ou touche tout le secteur. Tant que le site, le financement et la configuration technique ne sont pas publics, les 3 millions de tonnes restent une intention. Pour l’instant, la filiale tourne autour de 300 000 tonnes par trimestre.
Marcelle NTONGONO



