Ghana : Gel total des permis de port d’armes

Une fusillade de trop. C’est le récent incident au domicile de Sarah Adwoa Safo, ancienne députée de Dome-Kwabenya, qui a fait déborder le vase. Des gardes privés y ont sorti leurs armes, alors que la loi le leur interdit formellement. Lundi dernier, l’entreprise de sécurité était suspendue. Mardi 23 juin, le ministre de l’Intérieur, Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak, sortait la mesure choc : tous les permis de port d’armes du pays sont gelés.
Le message est clair, on remet les compteurs à zéro. Depuis décembre 2025, le Ghana révise son contrôle des armes dans le cadre d’un programme national d’amnistie. Plus de 2 000 armes illégales remises à la police seront détruites début juillet. Mais le gouvernement veut aller plus loin et s’attaquer aux armes légales mal encadrées.
Fini le temps où une simple vérification d’antécédents suffisait. Pour récupérer leur arme, les détenteurs enregistrés ont désormais trois mois pour se présenter à la police. Au programme : évaluation de santé mentale par l’Autorité de santé mentale, dépistage de drogues, formation au maniement et nouveau contrôle des antécédents. Un échec à l’un de ces tests et l’arme ne revient pas. Aucun nouveau permis ne sera délivré jusqu’à nouvel ordre.
Le ministre Muntaka Mubarak l’a assumé sur une radio d’Accra : les lacunes du système sont devenues trop dangereuses. Infractions à la réglementation, usages abusifs d’armes pourtant déclarées. Les failles se multiplient. La fusillade liée à un conflit de succession au sein de la mission Kristo Asafo, après le décès de l’apôtre Kwadwo Safo en septembre 2025, a fini de convaincre les autorités. Ceux qui ne se présentent pas seront relancés. S’ils persistent, la police ira chercher les armes à domicile. Et tout manquement à une étape du processus vaut confiscation définitive.
Avec cette suspension générale, le Ghana tente un pari risqué : sacrifier temporairement le droit des particuliers pour sécuriser durablement l’espace public. Le test psy sera le filtre ultime. Reste à voir si les Ghanéens joueront le jeu. La balle est dans leur camp, mais sans cartouche.
Marcelle NTONGONO



