France : Un premier cas d’Ebola diagnostiqué

Pour la première fois, un cas de maladie à virus Ebola a été diagnostiqué sur le territoire français. L’annonce est tombée le 24 juin, un médecin de retour de République démocratique du Congo, où sévit une importante épidémie, a été testé positif. Le patient a été isolé immédiatement en métropole, ont confirmé les autorités sanitaires. La situation est suivie « de très près » par le Premier ministre, selon son entourage.
Ce cas français est aussi le premier identifié hors du continent africain pour l’épidémie en cours, qui frappe la RDC et l’Ouganda. Il met en jeu une souche rare du virus : Bundibugyo. C’est là que réside l’urgence. Contrairement à la souche Zaïre, qui a ravagé l’Afrique de l’Ouest en 2014, il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre Bundibugyo. Le médecin, rentré de mission humanitaire, ne présentait pas de symptômes lors de son vol en provenance de Kinshasa, arrivé mardi à Paris.
Cinq personnes qui partageaient l’avion sont considérées comme cas contacts et placées à l’isolement, a indiqué mercredi soir la ministre de santé, Stéphanie Rist, sur France 2. La France avait accueilli deux patients Ebola en 2014, mais ils avaient été diagnostiqués à l’étranger avant leur transfert. Cette fois, la détection a eu lieu directement sur le sol national.
Si les experts en santé publique jugent le risque de transmission mondiale « faible » en raison du caractère relativement peu contagieux du virus, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies rappelle que le risque est « très faible pour la population générale européenne ». Toutes les mesures de précaution ont été prises, assure le ministère : isolement, transfert hospitalier sécurisé, enquête pour identifier les contacts qui devront s’isoler 21 jours à domicile.
Mais l’Afrique, elle, paie le prix fort. L’OMS indiquait mi-juin que la transmission s’accélère en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte. Le dernier bilan officiel fait état de 1 048 personnes contaminées et 267 décès. Des chiffres probablement sous-estimés, préviennent nombre d’experts, car l’épidémie frappe des régions parmi les plus reculées du pays. En cinquante ans, Ebola a tué plus de 15 000 personnes sur le continent.
Ce cas importé en France agit comme un révélateur. Il expose la réalité d’un virus pluriel. Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston : Ebola n’est pas un, mais plusieurs. Chaque souche a son taux de létalité, sa zone, ses failles scientifiques. La souche Bundibugyo, aujourd’hui à l’origine de l’épidémie en RDC, échappe encore aux outils développés pour Zaïre. Tant que la recherche n’aura pas couvert toutes les variantes, les systèmes de santé, du Kivu à Paris, resteront vulnérables.
L’urgence est donc double. Maîtriser l’épidémie actuelle en RDC, où les équipes sanitaires luttent dans l’une des nations les plus pauvres du monde. Et, en parallèle, accélérer la mise au point de vaccins et de traitements efficaces contre toutes les souches. Le virus ne connaît pas de frontières. Sa maîtrise ne peut pas, elle non plus, s’arrêter aux frontières d’un continent.
Marcelle NTONGONO



