Audit de la BEAC : de graves dysfonctionnements révélés

La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a récemment fait l’objet d’un audit approfondi mené par un cabinet international indépendant. Les résultats, rendus publics en ce mois de juin, mettent en lumière plusieurs irrégularités dans la gestion des fonds et des politiques monétaires de l’institution.
Selon le rapport, plus de 15 milliards de FCFA n’ont pas été correctement justifiés dans les comptes de l’exercice 2022-2023. Ces écarts concernent principalement des dépenses opérationnelles et des investissements non documentés.
Des lacunes dans la gouvernance et la transparence
Les auditeurs ont souligné un manque de transparence dans les procédures d’attribution des marchés publics. Plusieurs contrats, d’une valeur totale estimée à 7,8 milliards de FCFA ont été attribués sans appel d’offres concurrentiel, en violation des règles de la BEAC elle-même. Un expert financier, sous couvert d’anonymat, a déclaré : « Ces pratiques sapent la confiance dans les institutions financières régionales et pourraient avoir des répercussions sur la stabilité monétaire de la CEMAC ».
La BEAC promet des réformes immédiates
Face à ces révélations, la direction de la BEAC a annoncé la mise en place d’un plan de redressement comprenant le renforcement des contrôles internes, la révision des procédures d’achats publics et la formation des agents aux normes comptables internationales.
Le gouverneur de la BEAC a affirmé : « Nous prenons ces conclusions très au sérieux et engageons des mesures correctives pour restaurer l’intégrité de notre institution. »
Réactions des partenaires économiques
La Banque mondiale et le FMI, principaux partenaires financiers de la région, ont exprimé leur préoccupation et exigé un suivi rigoureux des recommandations de l’audit. Une mission conjointe est prévue dans les prochains mois pour évaluer les progrès réalisés. Cet audit met en lumière des défis majeurs pour la BEAC, mais aussi une opportunité de renforcer sa crédibilité. Les prochains mois seront décisifs pour démontrer que l’institution peut garantir une gestion saine et transparente au service des économies de la CEMAC.
Roger BIÈRE



