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SÉNÉGAL / SALON AFRIQUE UNIE : LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE AU CŒUR DE LA CLÔTURE

La 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie s’est achevée ce vendredi 16 octobre 2026 au Grand Théâtre national Doudou-Ndiaye-Rose de Dakar. Après deux journées de débats, de rencontres et d’ateliers, la manifestation s’est refermée par une remise de distinctions et les remerciements appuyés des organisatrices à Marie Khone Faye, Première dame du Sénégal et marraine de cette édition.

La dernière journée a notamment été marquée par le quatrième panel, consacré à la « Souveraineté numérique : digitalisation des services publics en Afrique ». Des experts de la transformation numérique, du développement durable et de l’accompagnement entrepreneurial ont échangé sur la sécurisation des données, la maîtrise des infrastructures, la formation des compétences locales et la réduction de la dépendance technologique du continent.

Fort de son expérience dans les grands programmes technologiques liés à la défense et à l’aéronautique, Abdoulaye Gueye a insisté sur la nécessité de placer le capital humain au centre de la transformation numérique. Selon lui, le recours aux technologies et aux expertises étrangères doit s’accompagner d’un véritable transfert de compétences.

« Il faut vraiment compter sur nos propres capacités et ne pas importer le savoir-faire de l’étranger en lui confiant la majorité de nos systèmes », a-t-il soutenu. Sans cette appropriation locale, a-t-il averti, les États africains risquent de se retrouver démunis face aux difficultés techniques et aux menaces de cybersécurité.

Le professeur Massamba Thioye, fondateur du Pôle mondial d’innovation des Nations unies sur le changement climatique, a invité à ne pas réduire la transformation numérique à la seule dématérialisation des documents administratifs.

« La technologie numérique est un moyen, mais la finalité doit être centrée sur l’homme et sur les écosystèmes dont il dépend », a-t-il expliqué. Le numérique doit, selon lui, contribuer à améliorer l’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à la mobilité et à un environnement sain.

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Il a ainsi plaidé pour une triple transition : verte, numérique et fondée sur la coopération. Massamba Thioye a également appelé les Africains à faire preuve d’audace dans la définition de leurs objectifs. « Le fossé entre ce qui est nécessaire et ce qui paraît possible, c’est précisément ce que l’innovation doit combler », a-t-il affirmé.

La docteure Anna-Isis Mbengue, présidente fondatrice de Cœur Connect et fondatrice de l’association Halaé, a mis l’accent sur l’inclusion numérique des populations les plus vulnérables. Elle a présenté l’approche « Aller vers », expérimentée auprès des habitants éloignés des services administratifs et des outils numériques.

À travers son projet d’incubateur à Keur Massar, elle entend accompagner les jeunes et les femmes, notamment ceux sortis du système scolaire, afin de transformer le téléphone portable et les autres outils numériques en instruments de formation, d’insertion professionnelle et de création de revenus.

« Il faut sortir d’une consommation passive des outils numériques pour aller vers une consommation active, capable de créer de la valeur et de la richesse », a-t-elle défendu.

Venue de Tunisie, la docteure Emna Jemmali, cofondatrice de l’incubateur inclusif 1KUB, a partagé l’expérience de sa structure, créée en 2021 pendant la pandémie de Covid-19. Grâce au numérique, l’incubateur avait pu accompagner à distance une vingtaine de femmes entrepreneures, alors que les déplacements et les activités économiques étaient fortement perturbés.

Elle a encouragé les jeunes et les femmes à mieux utiliser les plateformes professionnelles pour identifier les programmes d’accompagnement et les possibilités de financement. Abdoulaye Gueye a toutefois nuancé cette approche, estimant que les réseaux sociaux ne pouvaient suffire dans un contexte où une partie importante de la population demeure privée de connexion, d’information et d’infrastructures adaptées.

Les interventions du public ont prolongé le débat autour de la cybersécurité, de l’archivage numérique, du financement des jeunes entreprises, de l’utilisation des langues nationales et de l’éducation au numérique dès l’école. Plusieurs participants ont également interrogé la capacité réelle des États africains à contrôler leurs données, leurs plateformes et leurs infrastructures stratégiques.

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Le panel a rappelé que la souveraineté numérique africaine ne pouvait se limiter à la construction de centres de données. Elle suppose également une connectivité accessible à tous, la formation continue des citoyens, le soutien aux entreprises technologiques africaines et la mise en place de mécanismes permettant aux start-up locales de devenir des fournisseurs des administrations publiques.

Des ateliers pour approfondir les échanges

Dans l’après-midi, le Salon s’est poursuivi avec plusieurs ateliers. La cheffe Djémila Bileoma, fondatrice de Safida’s, a animé une réflexion intitulée « Nos produits, bien plus que ce que nous en faisons ». Charlotte Libog, directrice d’AGM & Partners et présidente de l’initiative Afrique Grenier du Monde, a abordé le thème « Afrique, Grenier du Monde : de la compétence à la création de richesse ».

La santé mentale, la jeunesse et la lutte contre la désinformation figuraient également au programme. Lucrèce Wavoeke s’est penchée sur la charge mentale liée à l’ambition, aux responsabilités et à la pression. Jean-Célestin Edjangué a traité du potentiel de la jeunesse africaine, tandis que Maëlle Youpehe et Cheikhou Diop, de Polaris Asso, ont sensibilisé les participants à la désinformation et aux bons réflexes à adopter face aux contenus trompeurs.

La Première dame au centre des remerciements

La clôture a été marquée par la remise de distinctions à plusieurs participants et contributeurs, ainsi que par une longue séquence de remerciements.

Rokhaya Daba Diatta et Urmine Gounongbe Medenou ont, l’une après l’autre, exprimé leur profonde gratitude à Marie Khone Faye, Première dame du Sénégal et marraine de la 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie. Toutes deux ont insisté sur l’importance de son soutien et de son accompagnement dans la réussite de l’événement.

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Les organisatrices ont également remercié les autres Premières dames présentes, les délégations étrangères, les partenaires, les panélistes, les exposants et le public mobilisé durant les deux journées.

Très émue, Rokhaya Daba Diatta a salué la complicité qui l’unit à Urmine Gounongbe Medenou et à Mariama, présentée comme sa « petite sœur ».

« Ce n’est pas seulement du travail. Il y a une énorme complicité entre nous, et c’est cela qui me donne envie de m’engager et de tout donner », a-t-elle confié.

Rokhaya Daba Diatta a également remercié son époux, M. Diatta, les membres de sa famille, dont certains avaient effectué le déplacement depuis le Bénin, ainsi que les personnes restées disponibles à toute heure durant les préparatifs. « Si cet événement a réussi, c’est aussi votre réussite », a-t-elle lancé aux collaborateurs.

Dans le même élan, Urmine Gounongbe Medenou a invité à la rejoindre toutes les personnes ayant œuvré dans l’ombre. Les bénévoles, les hôtesses, les membres des équipes techniques et graphiques, les collaborateurs et toutes les « petites mains » mobilisées en coulisses ont ainsi été publiquement mis à l’honneur.

Par ce geste, les organisatrices ont rappelé que la réussite du Salon reposait autant sur les personnalités visibles que sur l’engagement discret de celles et de ceux chargés de la préparation, de l’accueil, de la coordination et de l’organisation technique.

Plusieurs participants et contributeurs ont ensuite reçu des distinctions pour leur engagement dans la réussite de cette édition. La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère d’émotion et de reconnaissance, autour de la traditionnelle photo de famille.

Le Salon Afrique Unie a ainsi refermé deux journées placées sous le signe de l’unité africaine, de l’autonomisation des femmes, de l’engagement de la jeunesse et de la recherche de solutions africaines aux défis du continent.

Marianne IWANI

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