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Guinée : Une arnaque à la crypto monnaie piègent des centaines d’épargnants‎‎

Portés par la promesse de profits fulgurants, des centaines de Guinéens ont plongé dans des plateformes crypto non régulées. La fermeture soudaine de McGivern et l’intervention tardive des autorités révèlent un vide juridique qui laisse les épargnants seuls face aux arnaques.




‎En Guinée, l’essor des investissements dans les cryptomonnaies s’est transformé en casse-tête national. Depuis des mois, des « promoteurs » hyperactifs sur TikTok, Facebook et WhatsApp promettent des gains rapides à des épargnants fragilisés par la vie chère. Le discours est rodé : miser quelques centaines d’euros, récupérer des milliers en quelques semaines.



‎Séduits, beaucoup ont envoyé leurs économies via Orange Money ou d’autres services de paiement mobile, avec des mises allant de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros.Le mécanisme, lui, n’a rien d’innovant : une pyramide de Ponzi classique. Les premiers investisseurs sont rémunérés grâce aux dépôts des nouveaux entrants. Tant que l’argent afflue, le système tient. Quand les dépôts ralentissent, tout s’effondre.




‎ La plateforme McGivern en a été l’illustration brutale : elle a fermé le 10 août 2026, quelques heures après un communiqué de la Banque centrale, bloquant tous les retraits et laissant des familles démunies.



‎Au cœur du problème, un vide juridique persistant. En Guinée, comme dans de nombreux pays africains, les crypto‑actifs ne sont pas reconnus comme monnaie légale. La Banque centrale ne les garantit pas et aucune loi spécifique n’encadre les plateformes qui les proposent. Résultat : les promoteurs évoluent dans une zone grise, sans agrément, sans contrôle, sans protection pour les épargnants.Face à l’ampleur des pertes, la Banque centrale a activé les rares leviers disponibles. Elle a demandé aux opérateurs de paiement mobile de bloquer et signaler les comptes liés à ces collectes. Elle a également publié une mise en garde invitant les citoyens à la prudence : « vigilance, ne versez pas de fonds dans ces plateformes ». Une réponse d’urgence qui souligne surtout les limites d’une régulation inexistante.



‎L’alerte, cette fois, est venue du terrain. Des victimes ont partagé leurs témoignages sur les réseaux sociaux, poussant les autorités à réagir et à saisir la justice. Une enquête est en cours pour identifier les responsables et évaluer les possibilités de dédommagement.Ce scandale met en lumière un défi continental : comment encadrer l’innovation financière sans laisser les citoyens exposés aux risques ? Tant que le manque d’encadrement persistera, d’autres plateformes profiteront du vide. En attendant des lois adaptées, l’éducation financière et la prudence demeurent les seuls remparts.



‎Marcelle NTONGONO

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